‹ La cagnotte (volume 2)Chapitre 21 sur 97 · ACTE H · texte numérisé non relu

ACTE H

SYLVAIN

Le meilleur des hommes !.. mais une espèce de paysan borné qui laboure à la Ferté-sous-Jouarre... n'a-t-il pas eu l'idée de faire de moi un fermier !

C'est une noble profession.

SYLVAIN

Noble , mais salissante !.. moi, je voulais être photographe... on voit des femmes, papa n'a pas voulu... il m'a envoyé à l'école de Grignon.

BENJAMIN

Pour apprendre l'agriculture ?

SYLVAIN

Oui, dans l'agriculture, moi, je ne comprends que la carotte... (H se lève) Une fois arrivé là-bas, on m'a installé avec les vaches, on m'a fait charrier du fumier... un tas de choses malpropres... alors, au bout de trois jours... j'ai lâché... sans rien dire à papa.

BENJAMIN

Mais s'il apprenait !..

SYLVAIN

Oh ! je ne suis pas bête ! je lui écris tous les mois.... je vais à Grignon mettre ma lettre à la poste... et chercher les cent francs qu'il m'envoie pour ma pension...

BENJAMIN

Cent francs !.. c'est sec !

SYLVAIN

Les premiers jours du mois, ça va encore... mais à partir du cinq... je suis gêné., aussi, je voudrais faire quelque chose., si je trouvais un petit commerce... Tiens ! une idée ! qu'est-ce que vous gagnez, vous ?

BENJAMIN rangeant à droite-

Ça dépend des pourboires... trois cents francs par mois environ...

SYLVAIN

MazetteL.je ne rougirais pas d'être garçon de café, moi !

BENJAMIN froissé.

Mais il n'y a pas de quoi rougir !

SYLVAIN

D'abord, on est toujours frisé... et puis on voit des femmes !

BENJAMIN en scène Oui, mais c'est bien excitant.

w LA CAGNOTTE

SYLVAIN

Ça m'est égal... dites donc, mon petit... comment vous appelez-vous?

*e BENJAMIN

Beniamin.

SYLVAIN

Eh ! bien, si tu entendais parler qu'on ait besoin d'un fcune homme... pense à moi !..

BENJAMIN, à part.

ïl me tutoie!... (Haut.) Sois tranquille!

SYLVAIN, remontant.

Comme ça, ie peux marcher avec mes dix-sept francs...

Parfaitement.

; SYLVAIN

Alors retiens-moi un cabinet...

BENJAMIN, lui indiquant la gauche.

Le petit 4... sur le boulevard...

SYLVAIN

Et si je n'étais pas arrivé quand Miranda viendra... tu la ferais monter par l'escalier réservé.

BENJAMIN

Très-bien... ne t'en occupe pas.

SYLVAIN

Tu viendras prendre le café avec nous. (Lui donnant une poignée de main.) Adieu ! (Il sort, par le fond, à droite.) BENJAMIN.

Adieu !

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