ACTE III
BENJAMIN
Moi, rien. . . je demande le paiement de ma note.
BÉCHUT
Quelle note?
BENJAMIN
La note du déjeuner... que ces messieurs n'ont pas voulu payer. . . la voici. . . (Il la remet à Bécliut.) CHAMPBOURCY.
Cent trente-sept francs !. . . jamais. . .
COLLADAN.
Jamais.!. . . nous ne payons pas les zéros !. . .
BÉCECT, à part, examinant la note.
Melon... tourne-dos à la plénipotentiaire... Oh! oh! ce n'est pas là un déjeuner fie bourgeois. (A Champbourcy.) Pourquoi avez-vous refusé de payer.
CHAMPBOURCY.
Parce que...
COLLADAN.
Parce que monsieur est un voleur!
BENJAMIN
Dites donc, vous !. . . s'il y a des voleurs ici, ce n'est pas moi. . . si on voulait parler. . .
TOUS
Hein?
BÉCHUT, à Benjamin.
Qu'entendez-vous pas ces mots?... Je vous somme de vous expliquer...
CHAMPBOURCY.
Moi aussi, je vous somme de vous expliquer !
BENJAMIN
Ce n'est pas malin... on n'a qu'à vous fouiller vous et vos sacs. . . on verra bien vite ce que vous êtes. . . CHAMPBOURCY, étonné.
Nous et nos sacs i
COLLADAN.
Qu'est-ce qu'il veut dire?
BÉCHUT, qui a ouvert les sacs placés sur la table. Une lorgnette. . . des bracelets. . . un éventail.
LÉONIDA.
Des commissions dont on nous a chargés. . .
Ce qui prouve que nous sommes d'honnêtes gens et qu'on ne craint pas de nous confier de la marchandise. . .
BENJAMIN, ironiquement»
Oui... confier!...
COLLADAN.
Qu'est-ce que tu dis, Gringalet?. . .
(Il fait un mouvement vers Benjamin et laisse tomber de aon pale» tôt un ciseau de menuisier.)
le gardien , le ramassant et le remettant à Béohut. Unfcîseau de menuisier. . .
COLLADAN.
C'est à moi ! . . . ,
BÉCHDT.
Un instrument d'effraction ! . . . *
CHAMPBOURCY, bas à Coliacl&B.
Pourquoi avez-vous acheté ça?
béchut, il parle bas au gardien.
(Haut.) Dans votre intérêt môme, je vous engage à faire des aveux ...
CHAMPBOURCY.
Moi ? jamais ! . . . j'ai assez fait pour mon pays I. . . s'il n'y a pas eu d'incendie. . . ce n'est pas ma faute I . . .
Nous sommes tous d'honnêtes gens. . .
TOUS
Nous n'avons pas fait de mal ! . . .
BÉCHUT
Assez ! . . . Suivez Monsieur ... (Il désigne le gardien.) dans ia salle à côté. . . je vous rappellerai tout à l'heure. . . ces dames aussi!. . . (Béchut à la table,, Benjamin près de lui.) LE GARDIEN.
Allons ! Marchez ! (Ils recommencent à protester de leur innocence en parlant tous à la fois.)
COLLADAN.
Ne poussez pas! (Le gardien les fait tous entrer à gauche, deuxième plan. Le gardien sort le dernier et emporte tout ce qui est sur la table.)