SCÈNE II
Les mêmes, moins LÉONIDA**,
CHAMPBOURCY.
Maintenant, Messieurs... nous allons procéder au dépouillement de la cagnotte.
J'attendais ce jour avec impatience.
CHAMPBOURCY.
Blanche, donne-moi ta corbeille à ouvrage.
BLANCHE, la vidant sur le guéridon et l'apportant en j mettant un petit marteau.
Voilà, papa...
CHAMPBOURCY,
Maintenant, va nous chercher les trois autres tirelires.
* Colladan, Blanche, Léonida, Champbourcy, Cordenbois, Baucantin, Félix. ;
** Colladan, Champbourcy, Cordenbois, Baucantin près de la cheminée, Blanche et Félis yrës du guéridon, à droite.
FÉLIX, à Blanche.
C'est trop lourd ! je vais vous aider^ (Il entre à droite avea Blanche,)
CHAMPBOURCY *, prenant le marteau.
Je ne connais qu'un moyen d'ouvrir ïa tirelire... C'est de la casser...
CORDENBOIS.
Cassons. !
COLLADAN.
C'est bête ! mais je suis ému...
CHAMPBOURCY prend le marteau et s'arrête. Pris ti ! que ma dent me fait mal ! (Il dépose la corbeille et
le marteau sur la table de jeu )
Voulez-vous que je vous indique un remède ? Vous prenez une taupe vivante... une jeune taupe de quatre à cinq
mois. (Tous trois ont quitté la table et prennent la scène.) CHAMPBOURCY.
Mais comment voulez-vous que je reconnaisse ça?
COLLADAN,
Ah ! ça vous regarde !
CORDENBOIS.
Prenez donc tout simplement ce soir, en vous couchant... une gorgée -de lait que vous garderez toute la nuit dans la bouche, sans l'avaler.
CHAMPBOURCY.
Mais si je m'endors?
CORDENBOIS.
Çà ne fait rien... dormez... seulement n'avalez pas.
BAUCANTIN **, debout, à la cheminée.
Pourquoi ne consultez-vous pas un médecin?
CHAMPBOURCY.
Mais il n'y en a pas à la Ferté-sous-Jouarre... C'est le maréchal qui opère...
COLLADAN.
Il en est passé un il y a deux ans... avec un petit âne... Il vous nouait votre dent avec une ficelle qu'il attachait à Ja croupe de son âne... 11 tirait un coup de pistolet... paf !... l'âne partait et vous étiez soulagé.
CORDENBOIS.
Un empirique !
* Colladan, Champbourcy, Cordenbeis, Baucantin à la cheminée. ** Colladan, Champbourcy, Cor,xmbois, Baucantin.