II
Montant des dépôts
a la fin de l'année
Fr.
Moyenne de l'avoir
de
chaque
déposant
Fr.
seule diminution de quelque importance, mais de courte durée, en 1890, dont nous verrons la cause tout à l'heure. Les dépôts s'élevaient à Fr. 66.048.800,52 à la fin de 191 1, ce qui représente une moyenne de Fr. 891 par déposant et de Fr. 495 par tête de population.
Le montant des versements effectués pendant ïannà a naturellement beaucoup plus varié, et, si l'on néglige les intérêts bonifiés pour ne considérer que les dépôts effectifs, on voit que les remboursements ont fréquemment dépassé les dépôts.
Ce fut pour la première fois le cas en 183 1 à la suite de la faillite Meuron, de Paris, et des événements politiques. L'excédent se reproduisit d'une façon plus marquée durant les années de crise financière de 1854 à 1858, puis pour des causes diverses en 1860, i8éi et 1864. En 1867, il était dû aux nombreuses demandes provenant des Montagnes et provoquées par la crise que subissait notre industrie nationale. De 1873 à 1879, il s'explique spécialement par les emprunts faits à cette époque par nos établissements de crédit et nos Municipalités à des taux d'intérêt plus élevés que celui bonifié par la Caisse d'Épargne. Mais c'est en 1890 que l'excédent des remboursements fut le plus considérable. Il dépassa 2 millions, et il y aurait eu lieu de s'en alarmer, s'il n'avait été la conséquence naturelle et prévue de la réduction à Fr. 3000 du montant des livrets. L'effet de cette mesure, qui continua à se faire sentir l'année suivante, se doubla en 1892 de la crise industrielle que traversait notre pays. La réduction de l'intérêt à 3,60% en 189$ contribua encore à accentuer ce mouvement, que le relèvement de l'intérêt à 4 % en 1900 réussit seul à arrêter. Le montant annuel des dépôts est demeuré dés lors constamment supérieur à celui des remboursements, sauf en 1907, année de crise horlogére.
Le total des remboursements effectués de 181 2 à 191 1, s'élève à Fr. 226.000.000 en chiffre rond, soit, à quelques millions prés, une somme égale à celle des versements opérés durant la même période, de sorte que, coïncidence curieuse, les 66 millions pour lesquels le pays est créancier de la Caisse d'Épargne représenteraient à peu prés la somme des intérêts bonifiés depuis un siècle.