Fonds d'amortissement ou de réserve
La Caisse d'Épargne, qui a débuté sans aucune réserve, avait réussi, dans les dix-sept premières années de son existence, à en accumuler une de L. 42.681,13. Absorbé presque entièrement par les pertes subies dans la faillite de la maison Meuron et C''^, de Paris, en 1830, ce fonds d'amortissement fut si rapidement reconstitué qu'il s'élevait déjà à prés de 300.000 livres, soit exactement Fr. 410.926,88, en 1850. Un si rapide accroissement n'était pas dû seulement à la mieux-value entre les intérêts reçus des débiteurs et ceux payés aux déposants, mais en grande partie aux gains réalisés sur des différences de cours par la vente opportune de valeurs achetées à des cours avantageux. C'est ainsi que les bénéfices faits sur les fonds français et autres objets extraordinaires s'élevèrent pour la seule année 1852 à prés de Fr. 276.000.
La Direction n'estimait cependant pas que le fonds fût encore assez élevé, c'est-à-dire proportionné à l'importance qu'avait pris l'étaWissement. Elle envisageait qu'il devait être de 10 % des sommes déposées. Ce chiffre, qui n'a d'ailleurs jamais figuré dans le Règlement, n'a en fait jamais été absolument atteint, et l'accroissement énorme des dépôts ne permet plus de songer désormais à
ft i
obtenir une proportion pareille. Mais il faut tenir compte des ducroires prudemment passés sur quantité de valeurs, qui auraient présenté et présentent encore aux cours actuels une plus-value à la réalisation, et de l'habitude de la Caisse d'Épargne de ne point porter au débit de ses débiteurs les intérêts échus et non rentrés, non plus que les prorata d'intérêts non encore échus à la clôture des comptes. Ces intérêts à recouvrer, joints au compte des ducroires, constituent en fait, à côté du fonds de réserve accusé (i), un second fonds de réserve considérable.
Si l'on fait le total, on constate que les réserves de la Caisse d'Épargne ne sont en réalité pas loin d'atteindre le lo % des dépôts.