PARTIE FINANCIÈRE ET ADMINISTRATIVE
chercher bientôt d'autres placements. C'est alors que fut inaugurée (vers 1820) la longue série des prêts hypothécaires dans le canton de Vaud et que commencèrent les achats de fonds publics (titres de rente du gouvernement, consolidés français 5 7o, obligations de Prusse etc.)
On pouvait se demander si cet emploi des capitaux, pour autant du moins qu'ils n'appartenaient pas au fonds de réserve, n'était pas en opposition avec l'article 7 du Règlement, qui prescrivait que les dépôts devaient être confiés « à des propriétaires et à des négociants ». Aussi la question fut-elle soumise au gouvernement, qui accorda à la Direction, en 1828, l'autorisation expresse de placer en fonds publics un dixième des sommes appartenant aux domestiques et artisans, (i)
La Caisse d'Épargne était à cette époque orientée surtout vers la France, où nous la voyons acquérir non seulement de la rente d'État, mais des obligations hypothécaires, des obligations de villes, et même des actions (des Canaux de France, de la Banque de France, etc). Le fonds de réserve était placé entièrement en titres français lorsqu'il fut absorbé dans la faillite Meuron, de Paris, en 1830.
Mais c'est surtout en Franche-Comté que la Caisse d'Épargne déploya bientôt son activité. Elle y eut, pendant une longue période de son existence, de nombreuses et importantes créances hypothécaires, dont la dernière ne fut liquidée qu'en 1883, — sans compter un domaine dont la Caisse était devenue propriétaire et qui ne fut
(i) Manuels du Conseil d'État, 12 mai 1828.