ACTE V, SCÈNE XII
SANTILLA
Je suis ta sœur et tu es mon frère.
LIDIO
Tu es ma Sautilla? Oui, je te reconnais, c'est bien toi. O sœur chérie, que j'ai tant regrettée, tant cherchée! Maintenant je suis heureux, maintenant je suis au comble de mes désirs, maintenant je ne puis plus avoir de peine !
SANTILLA
O mon frère aimé, enfin je te vois, je t'entends ! A peine puis-je croire que c'est toi, que je te retrouve vivant, moi qui t'ai si longtemps pleuré comme mort. J'ai d'autant plus de joie de ce que tu vis, que j'osais moins l'espérer.
Et toi, petite sœur, tu m'es d'autant plus chère qu'aujourd'hui je me suis sauvé grâce à toi; car si tu n'avais pas été là, peut-être eussé-je été massacré.
SANTILLA
Maintenant vont prendre fin mes soupirs et mes pleurs. Cet homme que voici, c'est Fannio, notre valet, qui m'a toujours fidèlement servie.
LIDIO
Oh ! oh ! oh ! mon Fannio, je me souviens bien de toi. En servant une seule personne, tu en as obligé deux, et certainement tu seras content de nous.
FANNIO
Je ne puis avoir de plus grand contentement que de te voir en vie et réuni à Santilla.