‹ La CalandraChapitre 95 sur 135 · SCÈNE XXIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIII

CALANDRO, LIDIO, LIDIO {femme)

CALANDRO

Quel heureux jour pour moi ! Je n'ai pas plus tôt mis le pied hors de l'huis que je vois mon amour apparaître seul et se diriger vers moi. Mais, holà! quel salut vais-je lui faire? Lui dirai-je bonjour? nous ne sommes pas au matin ; bonsoir ? il n'est pas nuit ; Dieu t'aide ? c'est un souhait de charretier ; lui dirai-je : ma belle âme? ce n'est pas un salut; cœur de mon corps? expression de barbier; visage d'angelot? mot de marchand ; esprit divin ? elle n'est pas une buveuse; yeux fripons? mauvais vocable. Aïe! la voici tout près. Ame..., cœur, vis..., espr..., ye..., le chancre te ronge ! Oh ! imbécile que je suis ! je me trompais, et j'ai bien fait de blasphémer après celle-ci, c'est celle-là qui est ma Santilla, et non pas l'autre. Bonjour; bonsoir, veux-je dire. Sur ma foi, ce n'est pas celle-ci; je m'abusais, c'était bien celle-là. Non,

ce n'est pas elle. Si, c'est elle. Laisse-moi m'approcher. Oui, oui, c'est celle-ci! non, c'est celle-là. Mais si, c'est bien ma vie; non, c'est plutôt l'autre. Je vais aller voir.

LIDIO

Q.uel ennui ! cet imbécile me croit femme ; il est amoureux de moi et va me suivre à la piste jusque chez lui. Retournons à la maison; je me déshabillerai et j'irai chez Fulvia plus tard.

CALANDRO

Holà ! ce n'est pas celle-ci, c'était bien cellelà, celle qui s'en va par cette rue. Mieux vaut la rejoindre.

lidio {femme)

Maintenant que ce benêt ne peut plus me voir, entrons vite ; voyez derrière cette porte entr'ouverte Fulvia qui me fait signe. Entrons.

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