ACTE II, SCÈNE IX. iH
DE GUIBERT
Tu ras étudié avec M"' Cécile...
CÉCILE, vivement.
Oh ! du tout!.. (Bas à Lucien qui est près d'elle.) Je n'oserai jamais devant tout ce monde...
HERMINIE , à pan.
Ça la contrarie... (se levant vivement et passant près d'elle.^) £h !
bien^ voyons... je suis à vos ordres... nous ne chantons pas assez bien pour nous faire prier... et si M"* Cécile y consent...
CÉCILE
Pardon^ madame; nous n'avons pas achevé de répéter ce morceau... et puis^ pour ce quatuor , il manque deux personnes... lavoix de basse... d'abord...
C'est moi... je chante tous les rôles de Lablache.
RAYMOND, à part, en souriant.
Belle recommandation pour être ministre.
^CkNiuenet, le Vicomte, de Guiiiert, Henninie, Cécile, Lucien, M** de Savenay, Raymond.
DE GUIBEIIT , montrant un Jeune homme en gants jaunes qui est près
de lui.
Et voici M. de Sivry, un ténor délicieux... qui, de pltis,
accompagne à merveille. ( Le jeune homme s'incline et se met en devoir d'ôter ses gants. — AHerminie.) AUons, ma chère amie...
(Allant à Cécile.) Allons, Mademoiselle... il n'y a plus à refuser... vous feriez manquer ce morceau...
CÉCILE, souriant.
Je le ferai manquer bien mieux encore... en acceptant...
LUCIEN, àdemi-Tôixetd'un air de prière.
N'importe , Mademoiselle , on vous regarde , et c'est fixer l'attention.
CÉCILE
J'obéis,
HERMINIE, avec bonté.*
Et vous avez raison, (a part.) Elle ira tout de travers...
DE GVIBERT, olTrant la main h Cécile, quMl conduit au piano.
Nous demanderons à la société cinq minutes de répétition à demi- voix.
^uibert , sa femme et Cécile se groupent près de M. de Sivry, qui vient de s'asseoir au piano, et tous quatre étudient à voix basse; pendant
AGXË ir, âC&N£ IX. il6
€f te^ps, Coc|uei^t, qui ^ifAtk gauch^ du lilpéMf^, ,9 r^ino)ilé.par le fond derrière \t ptano, et est redescendu à droite où l'on vient de dresser nne table de whist. ^
ti^QfJENET, présentant «ne earteà Raymond.
Monsieur vcmdrait^l être de notre whist ?
RAYMOND, prenant la carte.
Très volontiers»..
(Co<|uenet retourne à la table de whist et compte les fiches et les Jetons. ) Ï.UCIEN, à llàymoiid qùir prend par kbras.
J'ai vu tout à l'heure , dans pMtœ sMoa, de% êkm&& qui regardaient Cécile en chuchottant et en causant avec ce M. de Sivry qui accompagne au piano. .-. quel est-il ?. .
«AYMOND
Je Fignore. (Lui moiitrant Belleau, <ini dans ce moment leur pré^ sente un plateau de rafrafchissemens. ) Mais demande aCI ganrçon
des bains; ces gens^là savent tout
. (U retourne près du piano où M. de Sivry et les dames préludent k voix
iMisse.)
* Le vicomte de Saint-André , de Guibert, près du piano; M. de Sbvry, au piano ; Géelte, ^f^tîiinie, de Kantre côté du piano; Goquenet, à la table de whist; M"* de Savenay , Taidanl à préparer le jeu ; Ray^ mond^ Ija#ien> £elleaa
ii/i hk CALOMNIE,
LUCIEN, pendant que Belleau Ini présente le plateau, prend un Verre
d'eau sucrée.
Dis-moi, Belleaiu.. quel est ce jeune honune... là... au piano?..
I BELLEAU
Près de la jeune personne? (D'un air malin.) Hein ! comme ils se regardent., et comme ils ont l'air de s'entendre?.. (Ayec finesse et à voix basse.) C'est peut-être un des trois...
LUCIEN , étonné.
CoHunent .. uû des trois ?. .
BELLEAU
Oui... l'on prétend qu'elle a déjà eu trois aventures...
LUCIEN , remettant son Terre sur le plateau.
Morbleu !..
BELLEAU
Prenez donc garde , vous avez manqué renverser mon plateau...
LUCIEN t chercbant à se contenir.
Pardon... (cherchant à rire.) Eh!,, de qui le saifl-^tu?.«