‹ La calomnie: comédie en cinq actes et en proseChapitre 69 sur 129 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LUCIEN , à Técarl , prés de ta table où sont les journaux, CÉCILE «

CÉCILE , gatment à M"* de Savenay, et sans voir Lucien.

Cest Men étooqant.. commpnt^ ma cousine^ vous n^a^ vpz fias remarqué?..

M"* DE s AVEN AV.

Quoi donc :\.

CÉCILE

Quand nous sommes entrées au salon ^ et pendant que nous le traversions, il s* est fait tout-à*coup un grand silence... et tout le monde avait un air si extrj^prcjjnaire...

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Un air fjc 4éftTenco... on sait daps cp j)fïjys cp .qif'pst Ja wiarqniso (\ç Savenay.,. et îepr jceçpcct..v

actt: m, scène vl 129

CÉCILE , toMJours galment.

Etait bien grand !. . ils baissaient tous les yeux. .« sans nous adresser la parole... et à peine étions-nous passées... j'entendais derrière nous un bourdonnement... qui cessait dès que vous retourniez la tête.

M"' DE 8AVENAY, gravement.

De nouvelles arrivées... surtout quand elles ont quelque distinction dans les manières... sont toujours sûres d'attirer Fattention... ici^ dans cette petite ville... où l'on n'a rien à faire qu'à regarder...

CÉCILE

Je le crois bien... tout à l'heure^ dans la cour^ quand ces pauvres pêcheurs sont venus me remercier... de la gratifia cation que je leur avais fait obtenir du Ministre...

LUCIEN , s'avançant

€'e9t donc vrai!..

CÉCILE , Tapercevant.

Àh ! Monsieur... vous étiez là?..

LUCIEN

Oui ^ Mademoiselle... (vivenient) Mais cette gratiftcaUott dont vous parlées?..

CÉCILE

Vous savez... ces marins qui hier conduisaient notre barque, et qui, plusieurs fois déjà, ont exposé leurs jours pour des naufragés... ils sont bien misérables, et je voulais vous prier de parler en leur faveur, mais mon tuteur est si bon ! il m'a enhardie... j'ai osé lui raconter leur dévouement., et jugez de mon bonheur!., ils ont eu une gratification et sont nommés gardes-côtes.

LUCIEN

Pas autre chose !.. (Avec trouble.) Je veux dire.., voilà tout.

Gela suffit, puisqu'ils sont enchantés!., et pendant qu'eux^ leurs femmes et leurs enfans me remerciaient dans la cour, avec tant de joie, que j'en étais attendrie... je me retourne et je vois toute la société du salon , dont les figures étaieiit appliquées contre les carreaux des fenêtres... et ils me regardaient tous avec un air de raillerie que je ne puis vous rendre. . . Est-ce parce que j'avais des larmes dans les yeux ? c'est très mal... Il parait que dans ce pays ils sont très moqueurs...

C'est possible... mais ils ont du bon... surtout une sévérité de mœurs et de principes que j'approuve... Ce matin, et pendant que je prenais mon bain.<, les femmes de

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