COQUELET
Voyez-vous, ce qu*on estime le plus en province, c'est la discrétion !.* peut-être, parce qu'elle y est plus rare qu'ailleurs.
LE VlCOMTEi
Mais, Monsieur*..
COQUENET.
Et puis, non seulement c'est généreux... mais c'est adroit... Aussi, vous y gagnerez... car on gagne toujours à se bien conduire... et si voils étiez convenu de la moindre chose... vous étiez perdu.
LE VICOMTE
Comment cela, s'il vous plaît?..
COQUENET.
A cause du Ministre!., qui eût été furieux... On ne se laisse pas impunément enlever une si jolie maîtresse.
LE VICOMTE, étonné et regardant Belleau, qui, delà télé, lui fait
signe que oui*.
C'est la maîtresse du Ministre ?..
Qui n'eût jamais accordé, à un rival, la place qu'il vous
17/i LA CALOMNIK,
a promise... tandis que raaintonaiU, et en récompense...
LE VICOMTE
Quoi, Monsieur... vous pourriez croire...
COQUENET.
Ce n'est pas moi qui le dis... ce sont ces messieurs vos amis intimes... qui prétendent que, d'ordinaire , vous ne défendez pas la réputation des dames... au contraire... mais que, dans cette occasion... et pour faire son chemin, oti peut déroger , une fois^ par hasard , à ses principes.
LE vicoxrTE.
Mais c'est une infamie... Moi, capable d'un mensonge, d'une bassesse , pour flatter un ministre , pour obtenir une place... Je suis donc, à leurs yeux, un indigne, un misérable... C'est pour cela que, tout à l'heure , Dervière a détourné la tête, et ne m'a pas salué...
COQUENET. '
Allons donc , vous vous trompez.
LE VICOMTE
Non , non... et je lui en demanderai raison... Mais apprenez-moi tout,., racontez-moi ce qu'ils ont dit?..