Acte i. Se. vi. ^8 La Camaraderie
Montl., avec embarras. Certainement... je sais, mon cher ami... que vous n'êtes pas sans mérite, et je le dirai tout haut... je le crierai toujours... entre nous !... mais il y a des situations qu'il faut comprendre ; et si vous étiez à ma place, vous 5 seriez aussi embarrassé que moi... Ce journal est de mes amis... il me veut du bien... je n'ai jamais rien fait pour cela... mais à tort ou à raison, il m'a toujours bien traité... et je n'irai pas me mettre en opposition avec lui, protéger 10 hautement les gens qu'il attaque... pour m'exposer moi-même à être attaqué... moi que ne suis pour rien là-dedans, moi qui par ma position suis libre et indépendant !
Edm. Indépendant !... et vous tremblez devant un 15 article de journal !... Indépendant ! ! î... et vous n'avez pas même le courage d'être de votre opinion !
Montl., fièrement. Monsieur!... j'ai du moins un règle de conduite que je vais vous dire et dont 20 je ne m'écarterai pas... c'est de n'être d'aucune intrigue, d'aucune coterie, d'arriver par moimême et non par les autres, de n'aller solliciter les suffrages de personne, et surtout de ne point vouloir contraindre les gens à me donner leur 25 voix quand ils me la refusent.
Edm., avec colère. Monsieur !...
{Monsieur de Montlucar salue Edmond et rentre dans V appartement à gauche.) [34]
La Camaraderie 8*- Acte i. Se. vii., viiL