Acte III. Se. ii
Agathe. Et elle le lui rend bien !
Zoé. Peut-être... j'ai toujours eu des idées que tu ne partageais pas. Autrefois, quand elle était notre sous-maîtresse, j'observais... à la pension on n'a que cela à faire, et j'ai cru voir souvent 5 mademoiselle Césanne Rigaut regarder monsieur Edmond d'une certaine manière... Je ne m'y connaissais pas alors... mais maintenant que j'ai quelques connaissances... et de la mémoire... il me semble bien que... Enfin sois tranquille, j'ai 10 mon projet...
Agathe. Que veux- tu faire ?...
Zoé. Que t'importe? puisque ni toi ni Edmond n'y serez pour rien, et que seule je veux tenter une entreprise téméraire peut-être... car il n'est 15 pas facile de jouter avec Césarine... mais elle marche tellement dans sa force et dans sa puissance... elle a tant d'esprit et m'en suppose si peu, qu'elle ne se méfiera pas de moi... d'ailleurs nous n'avons pas le choix des moyens ; c'est par 20 elle qu'il nous faut triompher ou succumber, et si j'échoue...
Agathe. Tu t'en fais une ennemie !...
Zoé. C'est déjà fait... et si je réussis... j'assure la fortune d'un ami... son bonheur... le tien... et 25 alors... {lui tendant la main) le mien aussi !
Agathe. Ma bonne Zoé !
Zoé. Tais-toi !... c'est ta belle-mère !... quel air grave et soucieux !
La Camaraderie 8«- Acte m. Se. ni.
Agathe. Elle est presque toujours ainsi. Zoé. Cela sied bien aux femmes qui sont hommes d'état... rentre, il faut que nous soyons seules !