Acte m. Se. iv. ^S La Camaraderie
Montlucar et de quelques badauds indécis qui étaient de notre opinion parce qu'ils s'étaient mis à côté de nous en entrant dans la salle. Le reste était contre, et semblait disposé à faire de l'opposition. Alors j'ai eu recours aux grands 5 moyens. J'ai pris à partie notre candidat, et je l'ai, ma foi ! mal mené... je l'ai attaqué violemment sur ses opinions.
Ces. Il n'en a jamais eu.
Bern. Tant mieux ! on a de l'espace dans tous 10 les sens. Je lui ai crié : " Monsieur ! je ne m'en cache pas, vous n'êtes pas mon candidat ; je vous repousse pour telle et telle raison ! " Et je l'ai accablé ; mais Oscar a repris la parole, et a répondu alors. 15
Ces. Quoi donc?
Bern. Le second discours préparé pour sa réplique... cette fois-là il ne s'est pas trompé ; il a eu de la chaleur, il a été beau, il a rétorqué tous mes arguments ; j'ai été obligé d'en convenir, et 20 nos camarades se sont écriés : " Vous l'entendez ! ses ennemis eux-mêmes sont forcés de lui rendre justice ! " et ce dernier coup de théâtre, adroitement ménagé, a entraîné les innocents, les candides, les moutons de Panurge, ceux qui sans le 25 savoir font toutes les majorités, et qui maintenant sont plus enragés que les autres :
Voilà, belle Emilie, à quel point nous en sommes. [88]
La Camaraderie 8*- Acte ni. Se. v.
Zoé, à Cêsarine. Ils nommeront Oscar !
Bern. J'en réponds ! Je réponds du premier collège ; et c'est ce soir une affaire enlevée, pourvu que de son côté votre mari présente votre jeune cousin au second collège où sont vos métayers, 5 vos fermiers, tous gens qui dépendent de lui ; c'est essentiel ! et vous y avez déjà songé, car je vois monsieur le comte tout habillé, et prêt à sortir.