‹ La camaraderie; ou, La courte-échelleChapitre 85 sur 98 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

Césarine, M. de Miremont

Ces. Eh bien ! mon ami, je vois avec plaisir que

cela va mieux.

Mir. Non, vraiment !

Ces. La figure est excellente ! 20

Mir. Oui, mais je sens là...

Ces. Quoi donc?...

Mir. Je ne peux pas dire... et c'est là ce qui

m'effraie.

La Camaraderie t* ActeV. Se. a.

Ces. Savez- vous ce qui vous ferait un bien infini...

ce serait de sortir un instant en voiture... Mir. Du tout, je ne veux pas m'exposer au grand

air.

Ces. Aussi nous irions dans un endroit bien clos, 5

bien fermé... par exemple, à la chambre des

députés, où il y a, dit-on aujourd'hui une séance

des plus intéressantes.

Mir. Je m'en garderais bien; le docteur Bernar-

det m'a défendu de sortir. 10

Ces. Mais, monsieur...

Mir. Il me l'a défendu !... C'est très dangereux ! Ces. Permettez !...

Mir. Vous-même en êtes convenue ! Vous savez

que je suis souffrant, et vous me l'avez dit ! 15

Ces., à part, avec dépit. Mais c'est qu'il me croit

maintenant, et impossible de le dissuader ! Ah !

s'il m'arrive désormais de le rendre malade... j'y

regarderai à deux fois !

Mir., s' asseyant. Je suis assez fâché de ne pouvoir 20

sortir... j'aurais été aux élections de Saint-Denis,

et je vais me contenter d'écrire aux électeurs les

plus influents en faveur de monsieur Edmond qui

vient aujourd'hui dîner avec nous.

Ces. Comment... il viendra ! 25

Mir. C'est vous qui ce matin m'avez conseillé de

lui envoyer une invitation... un garçon de mérite

qui pourrait bien devenir mon gendre, car ma

fille le protège, elle m'en a parlé.

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