Scène III
M. de Miremont, Edmond, Césanne
Edm., entrant vivement. Ah ! madame ! que ne vous dois-je pas ! vous êtes ma fée protectrice, [124]
La Camaraderie B^ Acte v. Se. iii
mon ange gardien ! De tous les côtés il m'arrive des amis... et ces amis... ce sont les vôtres.
Ces., à part. Les sots ! ils se sont tous donné le mot ! il n'y a rien d'insupportable comme les cabales et les coteries ; et Bernardet qui ne vient 5 pas... qui n'est pas là pour les prévenir !
Edm. Ce que je ne conçois pas, c'est qu'ils ont abandonné Oscar que j'ai rencontré et qui est furieux... Ce n'est pas ma faute... il court après des voix qui de tous côtés lui échappent... il 10 paraît qu'il a essuyé un échec au second arrondissement.
Ces., à part. Le malheureux ! il a parlé !
Edm. Et moi. des gens que je n'ai sollicités... à qui je n'ai rien demandé m'offrent leurs services. 15
Mm. J'allais écrire pour vous aux principaux électeurs.
Edm. Est-il possible ! ah ! c'est trop de bontés, c'est trop de bonheurs ; ils m'arrivent tous à la foi... sans que je les aie mérités ni que je puisse 20 les comprendre... et si cela continue ainsi, je vais presque croire au succès.
Ces. Pas encore ! c'est l'appui du ministère qui peut tout décider... et si le ministère porte un autre candidat, la lutte est incertaine. 25
Edm., effrayé. Ah ! mon dieu !
Mm. Avez-vous quelque protection de ce côté-là?
Edm. Eh ! mon dieu ! non ; mais madame m'avait promis de parler au ministre.
ActeV. Se. iv. ■*& La Camaraderie
Ces. Oui... mais par malheur, je n'ai pu le voir, sans cela !
Edm. Alors rien à espérer, car je ne connais personne dans les bureaux.