‹ La campagne d'Italie de 1859Chapitre 116 sur 326 · LIVRE 11, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHAPITRE IV

tard enlever à l’armée ce regrettable officier, auquel sa bravoure exceptionnelle et ses hautes qualités militaires assuraient le plus brillant avenir.

Le commandant Auger prit, en cette qualité, l’initiative de réformes importantes qui eurent de nombreuses approbations. Rentré dans son régiment, il devint lieutenant-colonel le 10 mai 1852, fut désigné pour remplir les fonctions d’adjoint au commandant de l'artillerie de la 5e division militaire à Metz et placé le 7 mai 1853 au 8* d’artillerie, qu'il quitta le 6 mars 1854 pour le 2* régiment à pied nouvellement organisé. — Colonel du 2* régiment d’artillerie à pied le 10 mai 1854, il fut nommé le 10 janvier 1855 chef d’état-major de l’artillerie de l’armée d’Orient et devint officier de la Légion d’honneur le 9 mai.

Le colonel Auger se distingua brillamment à la prise du Mamelon- Vert (7 juin), et au combat du 18 contre les ouvrages de la Tour Malakoiî. Là, comme le 16 août à la bataille de la Tcliernaïa, il montra ce rude courage, cette haute entente de la guerre qui n’appartiennent qu’aux natures d’élite ; à l’assaut et à la prise de Sébastopol il se couvre de gloire.

Général de brigade le 14 juillet 185G, commandant l’artillerie de la 7* division militaire le 20, Auger fut appelé le 12 janvier 1859 à la tête de l’artillerie de Vincennes et de l’armée de Paris, puis nommé membre du comité de l’artillerie.

Lors de la formation de l’armée d’Italie, il reçut le 23 avril le commandement de l’artillerie du 2* corps. — Nous l’avons vu à Turbigo s'emparant lui-même d’une pièce de canon, et à Magenta déployant toutes les qualités du guerrier qui rendront sa perte à jamais regrettable. — Sa carrière fut celle du vrai soldat comme le fut sa mort, en face de l’ennemi sur un champ de bataille. <

Le général Lehceuf apprit seulement à l’issue de la bataille cette triste nouvelle dont il fut profondément affligé ; car nul plus que lui n’appréciait la valeur réelle du général Auger et ne sentait le vide que sa mort prématurée ferait dans les rangs de l’armée ;ilse rendit aussitôt auprès de l’Empereur et lui annonça ce fatal événement. Quelques instants après il montait à cheval, se rendait lui-même à la casa Morino, où avait été transporté le général Auger, et apprenait à son frère d’armes que l’Empereur le nommait général de division, et que cette nomination, digne récompense de ses services, lui était accordée sur le champ de bataille même où son sang avait si noblement coulé.

Mais le général Auger devait succomber des suites de l’opération douloureuse qu’il avait dû subir.

CAMPAGNE D’ITALIE

Le commandant de l’artillerie du 2* corps fut confié, pendant le reste de la journée, au lieutenant-colonel Schaller, chef d’état-rnajor du général.

Les deux divisions de cavalerie Partouncaux (1) et Desvaux viennent de paraître en arrière de la droite de la ligne de bataille, le maréchal de Mac-Mahon envoie un oflicier de son état-major leur demander de se porter rapidement à la hauteur de sa droite, de façon K occuper l’espace laissé libre entre Mcdole et Monte Medolano.

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