LIVRE I, CHAPITRE l
les premiers rangs de ses soldats. — Les chasseurs alors se lancent à la baïonnette; l'attaque est terrible, la résistance opiniâtre. Enfin la position est forcée, et les Autrichiens se massent dans le Prato Pasque et dans le faubourg de Côme ( 1 ) (Borgo Yieo).
A Camerlala, les chasseurs des Alpes se battaient aussi contre de fortes colonnes ennemies.
Garibaldi continue résolùmenl sa marche sur Côme (2). Les soldats du général Urban s’y défendent avec acharnement ; il faut les débusquer de poste en poste et enlever pied à pied les maisons des faubourgs.
Ce combat dura jusqu’à la nuit; alors seulement, l’ennemi battit en retraite. — A dix heures du soir, les vainqueurs entraient dans la ville au milieu des illuminations et des hourras de la population accourue sur leur passage.
Ces deux succès importants remportés à deux jours de date l’un de l’autre , furent portés par le roi de Sardaigne à l’ordre de l’armée ; ils étaient d’un heureux augure et donnaient aux soldats de cet homme
(1) Côme, ville du royaume lombard-vénitien, à 38 kilom. NN. O. de Milan. 20000 habitants. Ville commerçante et industrielle avec un port sur le lac. Patrie des deux Pline, d’innocent IX, de Clément XIII et de Voila.
(2) « Le général Garibaldi, commandant le corps des chasseurs
des Alpes, à S. M. le roi Victor-Emmanuel.
« 28 mai. — Cémb, 10 h. du matin.
«Les ennemis, attaqués hier au soir, ont été mis en déroute. Nous sommes entrés à Cûme à 10 heures du soir.
k L'ennemi bat précipitamment en retraite sur Monza. »
étrange une entière confiance. — Il leur sembla dès lors que rien ne leur serait impossible (l).
XXVII. — Maître de Côme, Garibaldi peut donc menacer à la fois toute la Brianza, le centre de la Lombardie, la Valteline, Bergame et Brescia. — Aussi l’on
(1) Commandement général de l’armée sarde.
OHDKE hü JOUR N” IG.
Pendant que l’armée alliée se tenait encore sur la défensive, le général Garibaldi. à la tête des chasseurs des Alpes, des rives de la Dora s’élancait hardiment sur le flauc droit des Autrichiens avec une rapidité de mouvement extraordinaire ; en peu de jours, il arrivait à Sesto Calende, d’où, après avoir chassé l’ennemi, il pénétrait sur le territoire lombard et venait s’établir h Varèse. Là, attaqué par le fcldmaréchal Urban avec 3000 hommes d’infanterie, 200 chevaux et 4 canons, il soutenait, quoique dépourvu d’artillerie, une lutte acharnée dont il sortait vainqueur. Par d’autres combats successifs, il s’ouvrait le chemin de Côme; là, il repoussait encore les Autrichiens et il s’emparait de leurs magasins et de leurs lvtgagcs. Ces beaux faits d’armes sont le plus bel éloge de ces jeunes volontaires qui ont combattu comme de vieux soldats. Ils ont bien mérité de la patrie. Sa Majesté, se plaisant à leur témoigner sa plus haute satisfaction, a ordonné de faire connaître à toute l’armée les noms des braves chasseurs qui se sont le plus distingués, ainsi que les récompenses qu’il leur accorde par le présent ordre du jour :
Médaille d’or à la bravoure militaire, Garibaldi (Giuseppe), général des chasseurs des Alpes; croix d’officier de l’ordre militaire de Savoie, Mcdici , lieutenant-colonel; croix dechevalier du même ordre, Succhi, major; médaille d’argent à la bravoure militaire, Cenni, Puggi, de Cristoforis, capitaines; Prcbustinl, lieutenant, Pcdotti, Guerzoni, sous-lieutenants; Vigevano, chasseur; mention honorable, Coron z, lieutenant-colonel des chasseurs des Alpes, età vingt-deux capitaines, lieutenants, sons-lieutenants, sergents et soldats.
Au quartier général principal, Milan, le 8 juin 1859,
D’ordre de Sa Majesté,
Le lieutenant général chef, d'état-major de l’armée, Deli.a Rocca.