LIVRE III, CHAPITRE I
ces ponts transportaient d’une rive à l’antre l’armée franco-sarde et les immenses convois destinés au ravitaillement des troupes.
De son côté, le roi de Sardaigne s’est porté vers Peschiera (1).
En suivant pas à pas la marche des différents corps d’armée, dont nous étudions avec un soin rigoureux tous les détails , on se rend facilement compte des précautions minutieuses avec lesquelles l’Empereur s’avançait vers ce fleuve, dont les Autrichiens peuvent venir tout à coup lui disputer le passage. — Il passe scs journées à visiter les points les plus avancés occupés par scs troupes , et à surveiller les travaux importants du génie et de l’artillerie sur le Mincio. Partout, on le voit,
(I) Peschiera, au tard du lac de Garde, à l'endroit où le Mincio sort de ce lac, n’est qu’une place de moyen ordre; mais sa situation exceptionnelle attache à sa possession de nombreux avantages. Un camp retranché, construit sur la rive droite du Mincio, et pouvant contenir une forte division, assure & cette ville une sérieuse défense. 0e ce camp, on peut menacer le flanc d'une armée qui tenterait le passage de la rivière, soit à Goito, soit à Valeggio. — Peschiera est, de plus, le port naturel des flottilles que l’un ou l'autre parti peut faire manoeuvrer sur le lac de Garde, et il l’aide desquelles il peut opérer des descentes préjudiciables & l’ennemi. Enfin, de cette place, on commande des écluses qui permettent de modifier à volonté le niveau d’eau du Mincio, de rompre les ponts de bateaux qu’on y peut construire, et de rendre très-dangereux, par conséquent, le passage de celte rivière, sans la possession de Peschiera. — En 1848, une partie de l’armée sarde, commandée par le duc de Gênes, s’empara de Peschiera après un siège assez court; mais, depuis cette époque, les Autrichiens en ont beaucoup accru les fortifications.
De Peschiera, le Mincio coule successivement àMonzambano, MJorghetto, à l’ozzolo, à Goito, où s’embranchent les deux routes de Brescia 4 Crémone; puis il forme deux lacs, entre lesquels s’élève la place très-forte de Mantoue.
CAMPAGNE D’ITALIE
s'euquérant par lui-même des moindres détails. — Ses ordres sont nets et précis, minutieusement combinés contre les éventualités même les plus improbables.
Le roi Victor-Emmanuel investit déjà Peschiera. Le général Frossard, commandant en chefle génie de l’armée française, est chargé de la direction des travaux du siège. — C’est la Crimée, c’est ce siège de onze mois devant Sébastopol, qui ont montré toutes led qualités d’éncrgic et de science militaire qui distinguaient ce brillant officier général (1).