LIVRE II, CHAPITRE II
Elle devait se porter sur Pozzolcngo.
Pendant que le 1" corps se mettait en mouvement d’Esenta sur Solferino, les troupes piémontaises poussaient des reconnaissances dans la zone de terrain comprise entre le lac de Garde et Pozzolengo, dans la direction de’ Peschiera et latéralement à Solferino.
La 3' division battait le pays entre le lac et la chaussée du chemin de fer de Venise ; la 5* se jetant plus à droite, s’éclairait fortement devant elle. Ges deux divisions devaient suivre la route de Rivoltella et de Strada Lugana qui passe sous les hauteurs de San Marti no.
La lr* dirigeait sa reconnaissance par Castel Venzago sur Madona dclle Scoperte pour gagner ensuite Pozzolengo, objectif de toute l’armée sarde. — Ces routes divergent en demi-cercle à leur sortie de Lonato, pour se réunir ensuite sur Pozzolengo.
Vers trois heures du matin, les troupes quittèrent Lonato, ayant en arrière leur extrême droite flanquée par une colonne en reconnaissance , que commande le général Mollard.
« A peu de distance du point de rencontre du chemin de fer avec la route de Lugano (dit le rapport du lieutenant général Délia Rocca), se trouve sur la route un monticule appelé San Martino ; ce monticule, assez vaste pour contenir des troupes nombreuses, est entouré au couchant et au nord d’escarpements rapides, qui forment des remparts rendus redoutables par des fortins isolés ou des plantations de sapins qui les couronnent et en rendent la défense facile. »
CAMPAGNE D’ITALIE
XXX. — Un peu après avoir dépassé le mont San Martine, la reconnaissance de la 5* division, commandée parole lieutenant-colonel Gadorna, rencontre les avant-postes autrichiens qu’elle repousse jusqu’à hauteur des cascines de Ponticelto. Mais là, des forces imposantes se déploient devant elle.
Le général Mollard entend le canon et la fusillade ; aussitôt il se porte sur le lieu du combat avec les troupes qu’il a sous la main, en faisant prévenir la division que l’avant-garde est sérieusement menacée.
En effet, le lieutenant-colonel Cadorna se repliait lentement, tout en opposant une vigoureuse résistance aux masses qui s’accumulaient devant lui. Le général Mollard envoie, avec le capitaine Devecchi, deux compagnies de bersngliers pour prendre l’ennemi de flanc, et retarder sa marche ; il fait en même temps placer sur les hauteurs de San Martino quatre pièces d’artillerie avec le 1" bataillon du 8' régiment d’infanterie.
Mais les colonnes autrichiennes, très-supérieures en nombre, avançaient rapidement et gagnaient les hauteurs de droite.
La situation est critique. — Le lieutenant-colonel Cadorna occupe l’église du village de San Martino et ses abords avec le bataillon du 8' régiment et les bersagliers, pour faciliter au reste des troupes qui formaient la reconnaissance leur défilé par la roule.
L’ennemi a déjà atteint la cascine Contracania, , et l’avant-garde piémontaise est dans l’impossibilité de conserver les positions de San Martino. — Mais cette avant-