‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 1 sur 75 · LIBRAIRIE MILITAIRE DE L. BAUDOIN · texte numérisé non relu

LIBRAIRIE MILITAIRE DE L. BAUDOIN

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SO, Rne et Paasage Daapblne, 30

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PREFACE DU TBADUCTBCR.

resteront en présence dans FeDgagement final. Ce dernier n'estplus, très souvent, qa'nne formalité.

Il a semblé qoe ces quelques observations étaient nécessaires pour ne pas laisser le lecteur sous Tinfluence exclusive des critiques formulées par Tillustre écrivain, quand elles sont contraires aux fidts établis par la Correspondance même de Napoléon.

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Les événements de cette campagne de 1796 en Italie' ont un caractère de grandeur qui nous séduit ; mais autant nous désirons en connaître l'exacte filiation, découvrir les causes qui ont conduit chaque crise à son dénouement, autant, en revanche, leur histoire nous laisse peu satisfaits, et' la tâche est ingrate d'en essayer un aperçu, si superficiel qu'il soit.

Jomini a exposé cette campagne dans la deuxième édition de son Histoire des guerres de la Révolution^ mais, comme il le pouvait, avec des sources insuffisantes ; aussi bien son récit est-il lui-même insuffisant, incomplet, obscur, plein de contradictions, bref, tout ce que ne doit pas être un exposé logique des faits et de leur enchaînement. Au moins nous donne-t-il les chiffres les plus véridiques que nous ayions concernant les Français, ainsi que les motifs de leurs résolutions les plus importantes.

Les Autrichiens, au contraire, ont publié bien peu de chose dans leur journal militaire (1), concernant les emplacements de leurs troupes, les objets qu'ils ont poursuivis ou les raisons gui les ont fait agir, c'est-à-dire tout ce qui a quelque importance ; et ils nous laissent encore dans une telle ignorance, niie telle confusion, que leur relation est tout bonnement, à Dotre avis, un ramassis de morceaux incohérents.

(i) Œsterreiehisché'MiUtar'Zeitschrift.

Les mémoires de Napoléon, dont od était endroit d'attendre la lumière sur Tensemble de la campagne, ont déçu toute espérance. Les événements du temps passé n'apparaissent au prisonnier de Sainte-Hélène que comme un rêve, et que peut-on moins demander a un rêve que la précision? Du reste, Tabsence complète de sincérité enlève toute valeur à ses souvenirs, dès qu'il est question d'eOectifs. Les motifs même de ses résolutions et les considérations qui auraient dû donner à ces mémoires une valeur toute particulière, sont gâtés, sont perdus par cette fausseté systématique (i).

Pour voir combien Bonaparte était peu au courant des détails, jetez un coup d'œil sur les pièces justificatives de son ouvrage, lesquelles sont simplement les réponses de ses généraux aux questions qu'il leur posait ; il commence par demander au général Ménard sous les ordres de qui il était à Montenotte (2) ! Le reste est à l'avenant (3).

Voilà où l'on en est ; et l'aperçu suivant de cette remarquable campagne, au lieu des données positives qu'on pourrait lui demander, ne peut fournir que quelque chose de beaucoup plus vague ; au lieu d'explications vraiment historiques, on n'y trouvera que des présomptions.

(1) Les rapports de Bonaparte au Directoire ont été publiés à diverses reprises, et notamment dans la Campagne du général Buonaparte en Italie pendant tes années rr et \j par un officier général^ que possédait Clausewitz ; ils ne sont obscurs qu'en ce qui concerne les combats de Lonato, qui pouvaient être élucidés d'une part au moyen de certaines pièces de la Correspondance inédite^ d'autre part grâce aux relations autrichiennes.

Les Mémoires de Napoléon n'étaient inexacts qu'au point de vue des effectifs, que Jomini fournit avec assez d'approximation. Si Clausewitz s'en était donné la peine, il aurait pu reconstituer très suffisamment cette campagne, et il commet des erreurs matérielles qu'il devait éviter.

(%) Ces questions n'ont pas été posées par Napoléon, mais par Mon* tholon lui-même, sans doute après son retour de Sainte Hélène. Leur ton ^ul indique qu'elles n'émanent pas d'un supérieur. Gomment Clausewitz s'y est-il trompé ?

(3) L'histoire de cette campagne par le major général Decker, parue pluaiapd 4)ue toutes les autres, n'est pas plus utilisable que le reste et ne mérite pas plus de confiance. (Note de fauteur.)

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