‹ La Campagne de 1796 en ItalieChapitre 9 sur 75 · COMBAT DB VOLTRI, LE 10 AVRIL · texte numérisé non relu

COMBAT DB VOLTRI, LE 10 AVRIL

Aucune relation ne fait savoir jusqu'où les troupes de Beaulieu s'avancèrent le long de la côte. Beaulieu était à Voltri, et conférait avec Nelson (1).

(i) Les troupes de Sebottendorf s'arrêtèrent à Yoltri le iO au soir» Elles y restèrent inutiles jusqu'au 16, jour où commencèrent les marches de concentration vers Acqul.

Combat de Montèlagiiio, le 11 a^vriL

Argeoteaa reçut le 9, de Beaoliea, Tordre de se porter le lendemain sor Montenotte et de chasser les Français des hauteurs environnantes, qu'ils n'occupaient que faiblement La possession de ces hauteurs assurait, aux yeux de Beaulieu la liaison immédiate de sa gauche et de son centre, et lui permettait de prendre ses résolutions ultérieures d après les circonstances.

Argenteau, avec tous ses postes, ne crut pas pouvoir employer plus de 6 bataillons à cette attaque, et, comme il appela, pour couvrir son flanc droit, deux bataillons de Sassello, on voit que ceux-ci y étaient demeurés. Ces deux bataillons ne prirent pas part au combat, et les six bataillons avec lesquels il se porta en avant pouvaient faire de 3,000 à 4,000 hommes.

Ce ne fut que le 1 1 , à trois heures, qu'il les porta sur Montenotte, sans doute parce que la journée du 10 s'était passée à les rassembler.

Argenteau ne rencontre sur les hauteurs que de petits postes, qui se retirent presque sans résistance et se groupent sur un contrefort élevé qui court de Montenotte vers Savone le Monte-Legino. Là, sur une petite crête étroite, se trouvaient quelques retranchements abandonnés. Les Français y furent rassemblés par le colonel Rampon, envoyé en soutien avec 2 bataillons de la division Laharpe. Cet ofBcier se jette avec

COMBAT DE MOliTELEGIMO, LE 11 AVRIL. 29

ses 1200 hommes dans les retranchements et leur fait jurer, sous le feu de l'ennemi, de mourir plutôt que de quitter leur poste. Tous les efforts tentés alors par les Autricliiens, auxquels il pouvait rester de 2,000 à 3,000 hommes, ne purent avoir raison de sa résistance. La nuit vint, et ils durent se replier sur les hauteurs en arrière.

Combat de Montenotte, le 12 avril.

Quand Bonaparte vit, le 11, Beaulieu s'avancer dans la Rivière et Argenteau occuper Montenotte, il résolut de passer immédiatement à rofTensive ; il la prononça avec les 3 divisions Laharpe, Masséna et Augereau, contre Argenteau, pour écraser ce dernier aussi complètement que possible par sa supériorité numérique et par une attaque enveloppante.

Dans la nuit du 11 au 12, les 3 divisions de Bonaparte se mettent en mouvement. Laharpe gravit le Monte-Legino, s'arrête en arrière de la redoute, et le 12, au point du jour, attaque Argenteau de front. Masséna, avec lequel marchait Bonaparte, passe un peu plus à gauche, par Altare, et déborde immédiatement le flanc droit des Autrichiens. Plus à gauche encore, Augereau a atteint, dès le 11, les hauteurs de San- Giacomo; il se porte sur Cairo, pour prononcer un mouvement de plus grande envergure, et, conversant ensuite à droite, donner la main à Masséna (1).

Donc, au point du jour, Laharpe attaque de fronL Le brouillard favorise le mouvement de Masséna ; il ne trouve

(1) Augereau n*attaque pas. U va occuper avec ses 6,000 hommes, les 5,000 hommes de Joubert et Dommartin, 1500 artilleurs et 500 cavaliers, la position centrale de Carcare et Cairo entre les Sardes et les Autrichiens. Il n*est pas destiné d*emblée à exécuter un grand mouvement tournant autour de ces derniers. Une fois Cairo occupé, il agira d'après les circon* stances.

COMBAT DE MjONTEliOTTB, LE 12 AVRIL. 31

qu'un bataillon à Ferreiro (1), couvrant le flanc droit de l'ennemi, le culbute et tourne complètement Taile droite de d'Argenteauy qu'il prend absolument à revers, pendant que celui-ci fait une vigoureuse résistance de front. Aussitôt que d'Argenteau s'en aperçoit, il laisse 2 bataillons devant Laharpe, pour se dégager par derrière ; mais il est trop tard ; il est obligé de se jeter en désordre dans la vallée de TErro et ne s'échappe qu'avec 700 hommes vers Ponte-Invrea.

Les Autrichiens n'auraient perdu dans ce combat, à les en croire, que 300 morts et blessés à peine et 400 disparus. Pourtant, comme, de leur propre aveu, 2 bataillons entiers ont été perdus et que, des 3 autres, il n*a échappé que 700 hommes, leur perte totale a dû être de 2,000 à 3,000 hommes ; cela n'empêche pas que quelques-uns d'entre eux se soient retrouvés plus tard sous les drapeaux.

Argenteau ne se replia pas avec les débris de sa division sur Sassello, où il avait 4 bataillons, ni sur Dego, où il avait 2 bataillons et demi, mais entre ces deux localités, et vint à Paretto, près de Spigno, sur la route d'Acqui.

La division Augereau n'avait pu prendre part à ce combat.

Le résultat de cette combinaison stratégique avait été que Masséna et Laharpe, soit 14,000 à 15,000 hommes, avaient combattu 3,000 à 4,000 Autrichiens.

Aussitôt que Beaulieu voit Argenteau engagé sérieusement, le 11, il envoie le colonel Wiikassovitch avec 3 bataillons sur le Mont-Pajole, où celui-ci arrive le 12. N'y trouvant pas trace de l'ennemi, il pousse, le 13, jusqu'à Sassello, où 7 bataillons se trouvent ainsi réunis. Il n'aura cependant plus que 5 bataillons quand il marchera sur Dego, et Ton ne peut discerner s'il en a réellement laissé 2 à Sassello, ou s'il y a eu quelque erreur dans les situations fournies par les relations autrichiennes pour les jours précédents.

(1) Clausewitz veut dire sans doute Ga di Ferro ; mais c'est au Bric Castlas que Maaséoa a attaqué.

Beaulieu lui-même se hâte maintenant de gagner Acqui, point de rassemblement de son armée.

Si nous jetons un regard sur la répartition de la principale armée autrichienne, le 13, nous trouvons, d'après les relations autrichiennes, qu'il y avait :

7 bataillons à Sassello,

4 — à Dego (y compris les 2 écharpés à Montenotte),

2 — à Mioglia,

1 — à Paretto,

1 — à Malvicino.

Total : 15 bataillons,

dont 3 appartenant à l'aile gauche et 2, à ce qu'il semble, au corps de CoUi.

Quant aux 7 bataillons restants de l'aile gauche, nous pouvons admettre, ou qu'ils étaient encore dans la Rivière, ou qu'ils étaient en retraite sur Acqui.

Nous apprenons plus loin que 3 bataillons étaient en marche sur Spigno, pour venir au secours de Dego.

. En tout, 25 bataillons; il en reste encore 10, qui ont dû se rassembler alors vers Acqui, ou qui n'avaient peut-être pas encore rejoint du tout.

Bonaparte ne connaissait certainement pas la répartition actuelle des troupes autrichiennes. Il supposait seulement que des détachements importants se trouvaient à Dego et Sassello, parce que ces points avaient toujours paru être les centres d'où rayonnaient les postes envoyés par les Autrichiens dans la montagne, et que Dego était sérieusement retranché. C'est là-dessus qu'il basa ses dispositions pour la suite de ses mouvements. .

Laharpe reçut Tordre de poursuivre l'ennemi vers Sassello, pour fixer sur lui l'attention des troupes qui s'y trouvaient ; il se rabattrait ensuite dans la vallée de la Bormida, pour coopérer à l'attaque de Dego. Masséna continuait avec 9 bataillons sur Dego, qu'il devait attaquer, le 13, de concert avec Laharpe. Bonaparte se dirigea de sa personne sur Garcare avec

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