‹ La canaille, comédie-vaudeville en trois actesChapitre 25 sur 69 · LE BALAYEUR · texte numérisé non relu

LE BALAYEUR

Je le dirai à l'inspecteur.

CLAMPIN

T'es donc un mouchard?

Camille, balayant Vous voyez bien que je travaille.

clampin, s'approchant d'elle.

Oui; mais on s'aperçoit que vous n'avez pas été faite pour cet état-là... vous avez un genre comme il faut, peu répandu dans nos fonctions... Je parie que vous avez été établie... marchande de légumes ou des quatre saisons.

CAMILLE

On ne m'avait appris qu'un état inutile et dangereux... Je ne sais pas travailler, il faut vivre, et je me suis décidée...

CLAMPIN

Il n'y a pas de mal : je le fais bien, moi; mais quand la matinée est finitc, j'exerce une autre industrie : j'ouvre les portières des voitures, au pasr sage des Panoramas, et il me pleut des pièces de deux sous, quelquefois des blanches. J'ai encore une ressource qui est dans mes moyens : quand il y a des pantomines à grand spectacle aux Funambules, j'y fais les comparses à trente centimes patsoirée , et j'ai l'agrément de voir Debureau pour rien, à l'oeil... c'est ça qu'est chouette!.. Si vous voulez, ma camarade, je vous mènerai ce soir au spectaque.

CAMILLE

Merci : le soir, je ne sors pas.

CLAMPIN

Peut-être que vous n'avez pas de quoi vous mettre : mais à l'amphithéâtre des troisièmes, on ne se met pas. Jamais de cachemires, aux troisièmes.

CAMILLE, soupirant.

Ah!., si je savais l'adresse de mon oncle !

CLAMPIN

Vous possédez unonque ! C'est pas mauvais : moi, je suis né sans père ni mère. (11 balaie.)

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