‹ La cantilène romaine;Chapitre 45 sur 54 · LL · texte numérisé non relu

LL

cru — ci»

mor — — tem nu — — tem — — .— — —

Nota. Le membre de quatre unités qui suit fait partie de cette période mélodique.

(1) Chez les rythmiciens grecs, toute cette mise en pratique avait sa terminologie propre.

LA CANTILENK ROMAINE

3« Période (Suite).

>» ■ > CoUalio iiupla

3« Membre de quatre unités Tétraniètre rythmique

CoUalio œqua

Nota. Sauf pour les deux premiers groupes ternaires du 2«^ membre de celle dernière période, qui se répondent « in numéro vocum », partout les neumes se répondent « in ratione tenonim ».

OBSERVATIONwS ANALYTIQUES

On remarquem, avec le soin que comporte un lel sujet, combien lUiide esl ce développement rythmique obtenu grâce à la juxtaposition des membres de longueur différente et à la composition interne si diversifiée entre les membres de deux périodes consécutives. Fluidité remarquable entre toutes que la loi numérique n'entrave en rien et qui n'a rien non plus de commun avec certaine souplesse que Técole du rythme oratoire a imaginé de faire passer pour « traditionnelle ».

Bien au contraire, le libre essor trouve dans un tel procédé sa réalisation possible et justifiée. La loi des nombres, qu'une autre école ne craint pas de dénoncer comme une entrave, apparait ici comme un guide sûr fixant les limites normales de l'émancipation raisonnée.

C'est là qu'est le secret de l'évolution de la rythmi(iue musicale de l'avenir, alors qu'il n'est nullement dans ces entrechocs de mesures torturées, antipathiques par essence à la saine pondération intellectuelle de tout être sain.

Quoi de plus varié, en effet, que ces périodes rythmiques, composées : la première de deux quasi pentamètres rythmiques, en collatio inierne sesqiiialtera s'équilibrant entre eux en collatio œqua cinq syllabes contre cinq syllabes ; la seconde, suivant la même division œqua, se distendra en deux hexamètres ; la troisième, conservant la même étendue, se divise en trois létramètres qui,

TROISIKMH PARTIK 1(19

réunis, égalent les deux hexamètres de la période précédente et la même division œqua s*élève ainsi de la partie au lout.

Quelque aride que soit une analyse de celle nalure, la beauté du procédé et son importance théorique imposent de l'aborder en détail.

Toute période est composée de deux membres au moins : un exposant (anlécédenl) et un conséquent.

La première période a pour ejrpo^aw/ le membre de cinq temps podiques (syllabes musicales guidoniennes) exprimant les mois ; « Christus factus est » et pour conséquent le membre suivant composé égaleAient de cinq temps podiques exprimant « pro nobis ».

Dans toute œuvre bien conçue et bien réalisée par son auteur, la constitution rythmique de Y exposant cowWqwV en essence toute rarchitecture rythmique de Fanivre.

L'exposanl « Christus factus est )) de cinq temps podiques correspondant aux cinq syllabes liltéraires se décompose mélodiquement en deux parties (partes cantilenœ) correspondant à chaque mot comme 2 est à 8, offrant ainsi une collatio sesquialtera du membre. Ces deux composants (2 et 3) contiennent en eux-mêmes les deux sensations, binaire et ternaire, qui vont obséder le compositeur au long de son œuvre. L'une ou l'autre s'imposera avec plus de force, mais les deux interviendront tour à tour ou simultanément au cours de la gestation.

Dans la pièce que nous analj'sons il apparaît que c'est l'obsession binaire qui a dominé la pensée de l'écrivain.

En effet :

I**. — Collatio œqua.

La collatio œqua proposée dans

I 1 syll. + 1 syll. ' Chris — tus 1° domine la première période :

' 5 temps podiques + 5 temps podiques ' Christus factus est — pro nobis 2** domine la seconde période :

' ft temps podiques -H 6 temps podiques ' Obediens — usque ad moriem

3** domine (par une amplification fréquente dans les œuvres de grandes proportions) la seconde et la troisième périodes réunies :

' Deuxième période — Troisième période ' 12 temps podiques -H 12 temps podiques (en deux membres) (en trois membres)

La rythmique humaine se manifeste ici dans toute sa puissance originale. Les anciens rythmiciens l'avaient déjà ])ressentîe dans la pratique lorsqu'ils formulèrent une série de règles sur lesquelles on a passé à la légère jusqu'à nos jours. On peut les résumer ainsi qu'il suit :

A un nombre défini d'éléments brefs constituant un pied rythmique pris pour type, correspond par amplification un même nombre de pieds rythmiques formant membre, et autant de pieds rythmiques dans le membre autant il peut y avoir de membres dans la période (ceci n'est pas de règle, bien entendu, puisque c'est dans la constitution de la période que se révèle la fantaisie inventive du compositeur).

Supposons donc un pied rythmique de :

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