‹ La cantilène romaine;Chapitre 52 sur 54 · ET PRATIQUE · texte numérisé non relu

ET PRATIQUE

C'est donc, en premier lieu (§ 1), la consécration officielle du droit de discussion sur le terrain de la science pure, et on ne peut que se réjouir de le voir reconnu avant toute autre considération.

Nous nous permettons de trouver, dans cette attitude, la condamnation tacite des procédés d'obstruction systématique employés par les lanceurs de l'afTaire bénédictine contre tous ceux qui ne s'inclinaient pas docilement devant leur haute incompétence.

Le Saint Père les rappelle au respect des travaux d'autrui et peut-être bien, un peu, au respect de sa propre personne. On sait, en effet, que ces audacieux n'ont pas craint de se servir de la personne vénérée du Souverain Pontife comme d'un fantoche élu à point nommé pour servir à la réalisation de leurs rêves de domination scoliste.

C'est, en second lieu (§ 6), par le choix de l'édition de Soiesmes (1895), 1<> le retour au statu quo ante, et 2*» le rejet des enseignements rythmiques d'une école dissidente, récemment créée à Soiesmes même : celle de Dom Mocquereau.

Tout est bien qui finit bien.

Nous aurons le triomphe modeste et nous nous contenterons d'enregistrer le résultat acquis ; attendu que, autant l'édition de Soiesmes (1895) est nécessaire à tout travailleur sérieux et impartial, autant l'école rythmique de Dom Mocquereau était funeste à la saine connaissance de la science musicale archéo* logique.

La conclusion du document en question apparaît alors bien clairement :

1° Le fi*uit des travaux scientiOques n'est pas mûr I Honneur aux travailleurs passés, présents et futurs.

2® Le plain-chant a acquis droit de cité depuis huit cents ans ! Honneur au vieux plain-cbant (rajeuni par Dom Pothier). en attendant que les études des « savants grégorianistes » aient rétabli la cantilène romaine sous sa vraie forme originale.

3^ Les immenses travaux de compilation matérielle accomplis par les Bénédictins de Solesmes méritent respect ! Honneur à ces travaux dont nousmême avons salué la publication en ces termes (dès 1897) : « Publication précieuse archéologiquementy sans laquelle toute tentative de restauration du chant antique était mort^née. »

Le dernier mot appartient donc à la science.

Nous n'en demandions pas plus, et tout l'opuscule que Ton a lu n'a pas eu d'autre objectif que de replacer la question sur son vrai terrain.

On ne pourra plus désormais taxer d' « irrespectueuse » notre opposition aux desiderata du Souverain Pontife. En étant Solesmiens à l'Eglise, nous ferons acte d'obéissance. En restant antipothiéristes irréductibles hors de l'Eglise, nous ne ferons qu'user du droit que Rome nous reconnaît implicitement.

Page 1