SALLUSTE, JUY., CII
2. « Iskander D'ou ‘I-Kourneïn est la personnification de tous les héros orienteaux antéislamiques : tantôt c’est le conquérant phénicien, comme dans les traditions de Nefzaoua qui lui attribuent la construction de l'isthme qui sépare aujourd'hui le chott El-Djerid de la Méditerranée, tantôt, comme dans celle que nous venons de rapporter, c’est le héros résistant à l’envahisseur, Jugurtha luttant contre Marius. » Tissor, op. cil., II, p. 670.
3. Tissor, 0p. cil., IL, p. 670. Tissot ne localise pas les djebels indiqués par cette légende. Or, « le dj. Madjoura, sur la rive gauche de l’oued El-Leben, rencontre le Khanguet Goubrar, situé un peu au nord du défilé du dj. Meheri. Le dj. Mazouna appartient à la chaîne sise sur la rive droite du même fleuve. Entre les deux chaînes, au point où la route de Sfax à Gafsa quitte le versant de l’oued El-Leben pour pénétrer dans le bled El-Hamra entre l'Henchir el-Ferdj et Mzara Sidi Moehress, entre les dj. Goussah (610) et Madjoura (870") d'une part, et le dj. Biadah (1.180") de l’autre, s’étend sur une plaine mamelonnée de 10 à 15 kilomètres de large environ, d’une altitude de 400 à 500 mètres seulement, qui représente bien la brèche faite par l'épée de Marius ». Du Par DE CLAM, 0p. cit, p. 44-50. Cette légende est un argument de plus en faveur de l'itinéraire que l'auteur, propose pour l'expédition de Marius.
sous l'autorité des rois numides jusqu’à la bataille de Thapsus (46) et la création par César d’une province nouvelle, la Numidie, qui fut placée sous l'autorité directe du nouveau proconsul, Salluste, et comprit une partie de notre province de Constantine, le sud de la Tunisie jusqu à Capsa et Tacape (Gabès) et la Tripolitaine !.
Quelques années plus tard, les tribus lointaines de l'ouest et du sud, Gétules du Hodna et de l’Aurès, Garamantes de la Haute-Tripolitaine, plus pauvres et moins policées que les tribus de la côte, se révoltèrent contre l'autorité romaine: pendant plus de cinquante ans, de 30 ans avant J.-C. à 24 après J.-C., des incursions, des razzias continuelles troublèrent la tranquillité des cultivateurs et des garnisons du nord, « sub Meridiano tumultuatum magis quam bellatum est ? ».
L'oasis de Capsa se trouvait sur la route qui unissait les deux centres principaux d'insurrection, elle fut traversée et rançonnée sans doute par les bandes guerrières. Mais il semble peu probable que les Ksouriens de Capsa, instruits par l'expédition de Marius, se soient exposés à payer une seconde fois de la ruine de leur oasis une alliance offensive avec les nomades insaisissables et insolvables.
Cependant, en présence de ces troubles incessants, Rome se résolut à prendre des mesures de répression sérieuses et plus efficaces que des expéditions coûteuses et souvent inutiles elle entreprit la défense des confins par la création de routes bien aménagées pour le ravitaillement des colonnes en eau et en vivres et praticables en toutes saisons, par l'établissement de garnisons permanentes dans des postes fortifiés élevés aux
L. Tissor, 0p.cil., IT, p. 21-23. — Cacxar, L'armée romaine d'Afrique, Introd., p.ix-x. Césan, de Bello, Afr. XCVIr. — Aprtex, de Bello civ., IV, 1. — Dron CASSIUS, XLVIN, XXI-XXII. — ProLéMÉE, IV, ur. — Pendant cinq ans, de 30 à 25, la province nouvelle fut de nouveau placée sous l'autorité des rois numides (Juba ID); Diox, Li, XxXvu, Strabon, XVII, ur, 25.
2. Frorus, Épilome, IV, x. Tissor, op. cit, [, p. 447; II, p.29: CAGNAT, op. cil., 1, p. 7. Bossier, L'Afrique romaine, p. 123-126.
points les plus menacés et aux passages Les plus importants. La voie romaine du Camp d'hiver (Theveste, Tebessa) à Tacape (Gabès), construite en 1% après J.-C. par la légion II° Auguste, sous le proconsulat de L. Asprenas, fut le principal travail entrepris pour la pacification du sud de la Tunisie. Elle était longue de 183 milles romains?. De Capsa la route se dirigeait vers Veresuos (El-Guettar ou le Bir Marbot), Thasarte (ruines voisines des puits de Zelloudja), Silesua {au pied des dj. Hadifa et Batoum), Aquae (El-Hamma) et Tacape.
Au nord elle passait par Gemellae (Sidi Aïch), suivait le Khanguet el-Ogueff jusqu'à Thélepte (Fériana), et gagnait le Camp d'hiver en passant probablement j ar la gorge étroite et. fortifiée de l'Henchir Tamesmida *.
Les postes de Silesua, en travers des défilés de l'O. Soukra ou du seuil de l'O. Zitoun; de l'henchir Chenah, de Veresuos, au défilé de Bir Marbot; de Capsa, de Gemellae, en avant des routes naturelles de l'O. El-Hallouf et de l’Oum el-Fekka; de Thélepte, centre très important de pistes rayonnantes; assuraient la sécurité du passage dans les pays du Segui et de l'Oum el-Ksob et préservaient des incursions nomades et du pillage les plateaux et les plaines du nord.
L'Henchir Tamesmida qui resta longtemps occupé, en raison de son importance, comprenait un ensemble de constructions militaires, postérieures sans doute à l'époque dont nous parlons, mais dont les ruines indiquent l'importance que les Romains attachèrent à ce poste d'arrêt : une enceinte carrée de 90%,30 X 55,70, en pierres de taille, munie d'une tour de
1. Tissor, op. cit., II, p. 30. — CaenaT, op. cil., p. 496-498.
2, Corpus, VII, n° 10018, 10020, 10021, 10022, 10023, 10025. — J. Tou- TAN, Les nouveaux milliaires de la roule de Capsa à Tacape, p. 58-59 et passim.
3. Les milliaires de la voie (1° siècle) étaient numérotés à partir du Camp d'hiver (ex castris hibernis). Au contraire les milliaires de l’époque où la voie fut réparée (re et 1v° siècle) étaient numérotés à partir de Tacape ( a Tacapas). Ce sont ces derniers qui ont servi à l’établissement de la table de Peutinger et de l'itinéraire d'Antonin et aux travaux de Tissot. Tissor, 0p. cil., Il, p. 653 et 662. Touraix, Les nouveaux milliaires, p. 56-60 et passim.
LA GAFSA ANCIENNE, de
vigie, d'une écurie, d'un pressoir, un réservoir d'une capacité de 10.000 mètres cubes, protégé par un fortin et une tour et situé à 700 pas au sud, pouvaient y assurer l'abri et la sub- sistance d’une assez forte garnison!.
Enfin à 15 ou 18 milles à l’ouest de Thélepte, les Romains avaient établi le camp d'Anolianum (Bir Oum Al, 990 m. d'altitude), qui couvrait la voie de Theveste à Tacape et commandait les nombreux thalwegs encaissés dont la réunion forme, plus au sud, lo. Fériana et l’o. Oum el-Ksob. La notice descriptive de la Tunisie, région sud, publiée par le Ministère de la guerre, indique même au défilé de l'o. Safsaf un fort « espagnol », qui pourrait bien être un travail byzantin ou bas-romain, postérieur à une construction militaire avancée du début de l'occupation romaine*.
Cependant le premier système de défense laissait la grande plaine de l’Oum el-Ksob ouverte aux incursions du sud-ouest et les nomades pouvaient facilement {ourner Capsa et se glisser vers le nord, entre Thélepte et Gemellae, sans que leur approche ait été signalée à temps; pour remédier à cet inconvénient, les Romains créèrent de bonne heure le poste de Praesidium Diolele situé vraisemllablement au-dessus de la haute vallée de l’o. El-Orchen, largement ouverte vers le sud, à la cote 787 où s'élèvent plusieurs {ours ruinées?. Il est même probable que la « ville ruinée » de l'Oum el-Ksob, au nord des défilés du dj. Jellabia et du Seldja, s'est formée autour d'un poste construit à celte époque, sur les voies nouvelles de Capsa à Anolianum, par Cerva (Oglat Rhenezelta) ou Bir Sbekia (LX milles) {.