‹ La Capsa Ancienne: La Gaesa ModerneChapitre 119 sur 153 · Tacrre, IL, Lit; II, xx1 — CAGNAT, Op. cit. p · texte numérisé non relu

Tacrre, IL, Lit; II, xx1 — CAGNAT, Op. cit. p

2. Cacnar, 0p. CU, p. 13-14. TaAGImE, IV, xx. 3. Tissor, 0p. cil., I, p. 34. — CaGxar, op. eit., p. 112. — Boissier, op. cil.,

Cependant, à la suite d’expéditions contre les Nasamons et les Garamantes, les Romains se décidèrent à porter au delà de l’Aurès et des chotts tunisiens leur ligne avancée de protection : les progrès de leur domination à l'intérieur de la Province, la sécurité et la prospérité de leurs établissements, permettaient d’éloigner leurs troupes et les invitaient à rejeter définitivement au désert les dernières tribus révoltées. Nerva (96-98), Trajan ‘98 à 117) entreprirent la construction d'une voie nouvelle dans le sud de la Tunisie, de Theveste à Ad Majores et Tacape par le Djerid Cette voie portait au sud du grand chott la frontière de la Numidie et de la Province! ; reliée à Anolianum et Thélepte par la vallée de l'oued El-Orchen, le poste nouveau de Ad Praetorium (Bir O0. El-Orchen, ou les ruines de l'O. Frid, à la frontière algérienne) et celui de Cerva (probablement les ruines voisines de l'Oglat Rhenezetta), elle entrait à Ad Turres Tamerza) dans la région de surveillance naturelle de Capsa?.

En quittant Ad Turres, la voie romaine passait à Speculum, Thigès, Thisurus (Tozeur), Aggars en-Nepte (Nefta) et gagnait le Nefzaoua et Tacape par les rives méridionales du chott El- Djerid.

Tissot identifie Speculum à Kosseir ech-Chems, à 18 minutes au delà du village de Chebika, et Thigès à Thagious dans l’oasis d'El-Oudiane. La voie romaine aurait traversé entre ces deux points la plaine de l’oued Allenda et la partie orientale du chott Rharsa, suivant à peu près le tracé de la piste d'hiver et de la piste d'été actuelles. Or, aucune de ces deux routes n’est

p. 92-95. — Corpus, NUL n° 84, 98, 110. Sous Hadrien, Gafsa dépendait du proconsul de Carthage.

1. Tissor, 0p. cit., II, p. 30. — Cacxar, 0p. cil., p. 34-39. — Corpus, VII, n° 2478. — E. Banc, Posilion de l'ancienne ville de Thigès, B. Soc. Géogr. Paris, 1897, II, p. 221. Les pistes de Gafsa vers le pays de Guemouda, Aquae Regiae et Carthage, et vers Thenae (Sfax), furent sans doute aménagées avant cette époque. Ce sont des voies naturelles de communication employées à toutes les époques et passant au voisinage d’un grand nombre de points d’eau et de ruines romaines et arabes.

2. S. Rernac, Atlas de la province Romaine d'Afrique, XIX, XX, XXIT. Carte d'État-Major au 1/200.000, Gafsa, Fériana.

praticable, mème dans la bonne saison, pour les caravanes lourdes et les convois et ne répond aux besoins d’une voie militaire !.

D'ailleurs la découverte dans le bled Tarfaoui de ruines romaines nombreuses, particulièrement au voisinage du puits de Gourbata et du Bordj Gouifla, et de deux inscriptions de l'époque de Nerva qui mentionnent l'une la cité et l'autre le « castellus » de Thigès, obligent à placer en dehors du Djerid, dans la vallée de l'O. Melah, la cité romaine de la table de Peutinger dont l'emplacement correspond sans doute au puits de Gourbata : c'est Le point le plus resserré, Le plus facile à défendre du bled Tarfao ai et de la route du Djerid, le plus facile à secourir de Gafsa. « Il en résulte, écrit M. Toutain, que la voie romaine en quittant la station de Ad Turres se dirigeait non pas vers l'estsud-est, mais droit à l’est, et que, pour gagner Thigès, elle suivait le pied méridional de la ligne de hauteur qui de Tameghzà à Gafsa domine au nord le chottRharsa. À Thigès la route s'infléchissait vers Le sud-ouest pour atteindre Thusuros puis Nepte. » Cherchant ensuite à localiser exactement le poste de Speculum, M .Toutain constate qu'il suffit, pour faire correspondre les chifres d : la table de Peutinger avec la distance réelle de Ad Turres (Tameghza) à Thigès (Gourbata), d'augmenter de X milles romains soit la distance de Ad Turres à Speculum (XVIII ou XX VII milles), soit celle de Speculum à Thigès (XXV ou XV milles); dans le premier cas, il faudrait placer Speculum à l'extrémité méridionale de la gorge du Seldja, probablement aux ruines de Metlaoui : ce dernier emplacement nous parait p'éférable, en raison de sa valeur militaire même, puisqu'il commande les deux meilleures, pour ne pas dire les deux seules pistes qui traversent du sud au nord la chaine du Seldja et permettent de tourner, par l'ouest, Gourbata et Gafsa (vallées de l'O. Seldja et de l'O. Metlaoui)?.

l. Tissor; op. cif., Il, p. 32-31, 632. "Casa, op. cit, p: 33-39,.552. E/ BLANC, Position de l'ancienne ville de Thigès, Bull. S. Géogr. Paris, 1897, LL, De

2. Touran, Nole sur les voies romain?s, ete., p. 7-8. —T. BLaxc, op ci, p.

Cet ensemble d'ouvrages militaires se trouvait renforcé en arrière par le poste de l'Heuchir Oued el-Karma (ou H, Kerma), sur le bord de la Garaat ed-Douza, et M. Cagnat croit avoir reconnu au Fedj Souatir, à une quinzaine de milles au nord, les traces d'une voie romaine! qui aurait relié Capsa à Ras el-Aïoun et à la ville ruinée de l'Oum el-Ksob, et permis de renforcer la garnison du Seldja rapidement et par des chemins sûrs.

L'époque où fut achevée la voie de Thigès à Tacape par le Djerid n'est pas connue; nous savons seulement que la section de cette route comprise entre Capsa et Tusuros fut réparée sous le règne de Dioclétien, en 302?. D'ailleurs M. Privé a étudié toute une ligne de postes situés au nord du chott Djerid, à La sortie de tous les défilés de la chaine du Cherb, à l'entrée des triks qui traversent le chott et pouvaient livrer passage aux nomades du Nefzaoua : enceintes de Ksar Zitouna, au carrefour de pistes importantes vers Capsa, El-Guettar, Zelloudja (Thasarte), le Nefzaoua, le Djerid; fortins de l’Henchie Rekeb, de l'Henchir Taferma, de Ksar el-Asker, des Oglet Sidi Ahmed, de Ksar el-Ahmeur, ruines de Biar Belouffia et de l’'Oued Besbès, muraille de Bir Oum Ali. Une inscription de l'époque de Trajan (97) trouvée à Ksar el-Asker‘ indique que ces postes, reliés par une voie militaire, furent construits en même temps que la voie de Ad Turres à Thigès. Aussi

221-227. — L'inscription mentionnant la Civitas Thigensium à été trouvée près de Gourbatà, celle qui mentionne le Castellus Thigensium près de Gouifla (Hé- RON DE ViLcerosse, Ac. 7. el B.-L., 1897, p. 293). Il est probable d'ailleurs que les ruines des Aïoun Ammeur et l’Henchir Mzira ne sont pas les restes d’établissements agricoles mais de bordjs isolés.

1. Caunar, Exploration arch. el épig. en Tunisie, HT, p. 72. « Au Fedj es- Souatir, nous avons cru remarquer des traces de voie romaine; nous n'oserions cependant affirmer le fait. » Id., /bid., p. 73.

2. Corpus, VIL, 10929, 10039, 10931. — Gauckzer, Rapport épigr. etc, Bull. arch. c. br. hist. et sc., 1897, p. 388-389.

3. Privé, Notes arch. sur le Cherb., Bull. arch. ce. tr. hist. el se., 1895, p. 78-

4. Touran, Note sur une inscriplion trouvée dans le Dj. Asker, Bull. arch. c. tr. hist. et sc., 1993, p. 202-207, part. p. 203; 1996, p. 216-247.

serions-nous très disposé à voir dans cette route, où plutôt dans cette piste fortifiée du Cherb, la voie primitive de Thigès à Tacape qui aurait quitté la voie de Capsa à Tusuros par Thigès aux ruines du bordj Gouifla où s'élevait un poste fortifié de liaison dont nous avons parlé plus haut : le Castellus Thigensium. Une voie semblable reliait Capsa au Ksar el-Asker en coupant le bled El-Atra et le haut bled Segui et gagnait le Nefzaoua (Turris Tamalleni, en traversant le chott par Île trik de Seftimi, encore employé par les caravanes et les colonnes militaires!, La voie de Tacape par le Djerid et le sud du chott n'aurait été aménagée, au delà de Tusuros et du Castra Neptinana, qu'après l'occupation du Nefzaoua, et aurait marqué la troisième, non la seconde étape de la marche prudente et progressive des Romains vers le sud.

IL est assez difficile de savoir comment furent construites les voies romaines qui n'ont guère laissé de traces visibles. Cependant les inscriptions de trois bornes militaires du bled Segui indiquent que sous le règne des empereurs Maximin et Maxime, en 237, les ponts de la grande voie de Tacape à Theveste furent reconstruits et que la route fut remise en état : « Pontes vetustate conlapsos et iter longa incuria perditumn restituerunt et pro sua infatigabile providentia pervium commeatibus redderunt. » Ce texte nous semble indiquer l'existence non seulement de travaux d'art indispensables, ponts, citernes, puits, mais aussi, au moins à certains passages difficiles, de remblais et chargements, analogues à ceux des voies du nord de la Province?. Toutefois, il est bien probable

1. Juces Touraix, Nouvelles découvertes sur la voie de Capsa à Turris Tamalleni, Bull. arch. com. tr. hist el se., 1906, p. 242-950.

2. Corpus, VIT, n° 10021, 1002. — M. le capitaine Donau lit ces inscriptions :« Pontes vetustate dilabsos et iter longa incuria praeruplum.….» ToUraAIx, Les nouveaux milliaires, p.20, 28, 36, 56, Cacxar, La Tunisie à l'époque romaine, dans La Tunisie au XX siècle, p. 239.

que les voies du sud, particulièrement celles du Cherb et de Tacape par le Djerid et les voies secondaires, restèrent à l'état de pistes sur la plus grande partie de leur parcours.

Le caractère des travaux militaires de cette époque est au contraire assez facile à déterminer. Les archéologues ont, en effet, découvert et examiné de nombreux postes ruinés des différentes lignes d'occupation suecessive : à Ksour el-Kraïb, près de Gafsa, deux forlins carrés de #0 mètres de côté, construits en moellons et blocage! ; une enceinte de 25 mètres >< 18 mètres (El-Hannout) et une tour carrée (au S.-S.-E. de Midas) dominant la vallée de l'O. Frid, aux environs de Tamerza ?: une tour de vigie surveillant la Chebket el-Kentas et construite un peu en avant du bras d'oued appelé Akhouar Kentas, en avant des ruines du Seldja et de Metlaoui (poste de Speculum) ; dans le défilé du Seldja lui-même dominant l’oued de 100 mètres à pic, l’Henchir Edva et la tour de vigie du Hammam qui permettaient de rouler des pierres sur une troupe arrêtée au fond de la gorge par le barrage de Ras el-Aïoun, et commandaient les sentiers de la montagne en arrière du défilé, le fort important du Kef Abd es-Semed qui constituait un nouvel obstacle, et, sur la piste de l'O. Metlaoui qui tourne ce système défensif et gagne l’Henchir Kerma, le poste de Metlaoui”; à Ksar Zitouna, dans la vallée de l'O. Segui, trois oppida carrés de 30 à #0 mètres, entourés de fossés dont les terres sont rejetées en avant, et situés sur des mamelons éloignés les uns des autres de 800 à 1.000 mètres ; à l'Henchir Gmoudi, au Ksar el-Ahmeur, des fortins analogues de 40 et de 20 mètres de côté; à Ksar el-Asker enfin, une construction plus petite mais très bien conservée, véritable bordj, spé-

].-CAGNAT et SaLaDiN, Mission Arch., arch. -M. sc. el lilt., 3° série, XIII,

p. 100. | 2. Tissor, op. cil., IL, p. 682. — Cacxar, l'armée romaine d'Afrique, p. 562?- 563. :

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