‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 26 sur 133 · Vivien de St-Martin, op. cit · texte numérisé non relu

Vivien de St-Martin, op. cit

4. Statistiques officielles de 1892, p. 2<W. Bull. Dir.Af/r. et Corn.. 1900, juillet, p. 91 ; 1902, p. 327.

GÈOGKAPHIE PHYSIQUE. 43

dans le sud, est un véritable signe de la richesse de son propriétaire. Les mulets, très appréciés, sont peu nombreux : 121 en 1890, 150 en 1901. La bête de somme par excellence est Tâne : bien adapté au pays, sobre, d'entretien peu coûteux, vigoureux, il rend de grands services dans les jardins des oasis, dans les douars nomades et même pour le service de la poste : il y avait en 1901, 5.207 ânes dans le territoire de Gafsa (9.437 en 1892, d*après les statistiques de territoire militaire). Le pays, par contre, se prête mal à l'élevage des bœufs, qui vivent assez difficilement sous un climat trop méridional pour eux ; on les rencontre généralement dans les parcours et les douars nomades; cependant, quelques vaches de petite taille paissent sous les oliviers de Gafsa, dans les parties non irriguées; et, comme dans le sahel de Sousse, il arrive que les indigènes se servent d'un bœuf, attelé avec un âne ou un chameau, pour leurs labours, mêmedansles oasis. Leur nombre est de 1.500 environ (2.289 d'après les statistiques de 1891).

Les chameaux au contraire sont nombreux : 10.000 en 1901 (22.890 en 1892); ils sont seuls capables d'effectuer les lourds transports à de grandes distances, et composent presque exclusivement les caravanes importantes du Djerid et de Gafsa à Gabès, au sahel de Sousse, à Kairouan, aux plateaux du Kef et de Tebessa. Depuis l'établissement du chemin de fer les caravanes de Sfax deviennent de plus en plus rares : c'est à cette cause sans doute et à la suppression de l'état de guerre qu'il faut attribuer la diminution considérable du nombre des chameaux et des autres bétes de somme, accusée par les statistiques comparées de 1892 et 1901.

Les animaux domestiques presque exclusivement employés pour satisfaire aux besoins journaliers des indigènes, nomades, commerçants ou maraîchers, ne donnent pas lieu à d'importantes transactions : 10 chevaux seulement, en moyenne, 6 mulets, 36 ânes, 55 bœufs, ^i.O chameaux, furent présentés chaque mois en 1898 sur le marché de Gafsa, pendant les onze derniers mois de l'année. Seuls les moutons et les chèvres ont

une grande importance commerciale : ils fournissent le pays de laine et de viande de boucherie : on en fait élevage. En 1898, le marché de Gafsa reçut en moyenne 864 ovins et 567 caprins par mois ^ Leur nombre sur le territoire était évalué respectivement en 1901 à 60.000 et 22.700 tètes (169.290 et 232.726 en 1892), représentant 9 ^ et 5 ^ du troupeau tunisien, sans compter les animaux transhumants des territoires voisins 2. La diminution générale du cheptel tunisien constatée dans ces dix dernières années s'est fait sentir à Gafsa dans de larges proportions, malgré le climat particulièrement propice à Télevage.

La plupart des moutons, dans la région de Gafsa, sont des barbarins à grosses queues, à laine grossière, à chair dure, mais très vigoureux; les barbarins à queues fines sont assez rares ^. La nature de la végétation — tamarins salins, cactus, retem, armoise blanche, — son abondance dans les années pluvieuses, le morcellement du relief qui multiplie les pâturages et permet aux pasteurs de se déplacer relativement peu aux différentes saisons, rendent la région très favorable à l'élevage du mouton et de la chèvre : les troupeaux d'El-AyaTcha trouvent à se nourrir toute Tannée dans le bled Thala, les vallées de la montagne ou le bled Segui * ; les pâturages de la partie du bled Segui, comprise entre Bir Chgeigga et le Tarfaoui sont assez abondants pour nourrir 6.000 moutons (4.000 nedi à grosses queues, 2.000 à petites queues)^; ils sont si favorables à la race ovine que « les moutons du pays trans-

L Bull, Dir. Ayr. et Com., 18i)8, octobro, p. 97 et sq. ; I8î)9, janvier, p. IM et sq., avril, p. 96 et sq.

2. 1.228.481 moutons en 1802 (Bourde, Rapport sur l'élevage dit. moiUon, p. 6), 717.899 en 1901 (Bull. Dir. Agr. et Coin., 1902, p. 327). L'étendue plus grande du territoire de Gafsa en 1892 (territoire militaire) et peut-être les difficultés plus grandes rencontrées pour le recensement de 1892, ainsi que les époques différentes où Ton a pu faire les recensements, ont contribué sans doute à l'écart énorme des chiffres des deux statistiques.

3. Delecraz, L'élevage du mouton en Tunisie, II. Tun.y 1897, p. 102.

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