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donne à la fin de son deuxième volume, par le catalogue des mots types (Catalogne, Espagne, Barcelone), à la Bibliothèque nationale, par le dépouillement des revues locales (Revista de Gerona, Renaïxensa, Revista dela Asociaciôn artistico- -arqueolôgica de Barcelona, etc.) et particulièrement de la Revista de bibliografia catalana, dont la publication s’est malheureusement ralentie La 1903. Pour les pamphlets, libelles, imprimés divers, il n’y a guère d’autres ressources que le catalogue Andreu. Nous avons enfin bénéficié à ce point de vue des utiles’ avis qui nous ont été donnés par plusieurs érudits de Barcelone, et tout spécialement par M. Miret y Sans, secrétaire de l’Académie royale des Belles-Lettres de Barcelone.
COLLECTIONS DE DOCUMENTS ET SOURCES IMPRIMÉES. — Nous avons à utiliser, pour ce travail, un certain nombre de recueils de documents, mais aucun n’est spécialement relatif à l’histoire de la Catalogne. Ce sont, outre la Correspondance de Napoléon et ses compléments, la Correspondance de Murat, éditée par Lumbroso, la Correspondance de La Forest, ambassadeur de France auprès du roi Joseph, enfin le recueil publié par Du Casse, dont la partie narrative est très évidemment tendancieuse et souvent erronée ou incomplète, mais dont la partie Correspondance fournit ce qu’on sait de plus net à l’heure actuelle sur le règne de Joseph et sa situation à Madrid, mais n’apprend pas grand'chose sur son gouvernement. (Il est possible d’ailleurs qu'il n'y ait guère à en apprendre). On ne peut pas avoir toujours une entière confiance dans les affirmations de Joseph, faute de contre-témoignages. Mais du moins les pièces sont authentiques, et Du Casse a depuis utilement See sa publication en 1886-1887.
Nous avons été obligé de nous occuper, à un certain point de vue, des affaires d’Espagne à la fin de 1807 et au début de 1808. Il ya pour cette période beaucoup de documents publiés dans les ouvrages contemporains, notamment dans Nellerto (tomes IT et IIT en entier), dans Cevallos, dans de Pradt, ete.
Nous avons indiqué qu’il n'y avait pas de recueil de documents pour la guerre de Indépendance en Catalogne, et c’est fort regrettable !. On peut toutefois considérer que, pour notre sujet, les journaux publiés sous la surveillance des autorités
1. Signalons toutefois que Gouvion-Saint-Cyr doune un certain nombre de pièces dans son Journal.
ConNarD. G
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françaises (Diario de Barcelona; Gazelle de Girone ; Bulletin des Actes du gouvernement) sont de véritables recueils de documents. Car ils donnent le texte du plus grand nombre des arrêtés, proclamations, ordres du jour, publiés par les chefs intrus.
Les sources narratives sont relativement peu nombreuses, mais deux sont d'importance capitale : ce sont les livres de Ferrer et de Laffaille. Nous essayons, dans nos Wotes critiques, d'indiquer quelle est leur valeur. Le Journal de Barkhausen est de fort peu d'intérêt, ainsi que les Sowvenirs de Macdonald. On peut même être étonné de trouver dans ce dernier volume si peu de chose pour les seize mois passés en Catalogne par le duc de Tarente. Pourtant Macdonald avait rapporté de ce pays un monceau de papiers!. Les Mémoires dits de Suchet méritent sans doute quelque créance : il n’en est pas moins vrai que leur rédacteur (Saint-Cyr-Nugues, ancien chef d'état-major de Suchet) nous présente de la félicité de l’Aragon un tableau quasi-idyllique, alors que le général Henriod, qui fut placé comme gouverneur à Lérida par Suchet et qui garda jusqu’au bout l’estime de son chef, fut parfaitement tyrannique et très inutilement féroce *.
Certaines histoires écrites par des acteurs de la guerre de l'Indépendance (comme Vacani, Schepeler, etc.) peuvent être regardées aussi comme des sources : mais ce sont des sources suspectes et tendancieuses. Vacani et Schepeler, par exemple,
sont certainement enclins à exagérer les exploits militaires de leurs compatriotes.
Travaux GÉNÉRAUX. — Nous avons en général fort peu cité les travaux d'ensemble; ils sont utiles pour prendre une première idée du sujet et pour connaître la marche générale des événements, mais n'offrent plus grand intérêt à qui avance dans la documentation. Lafuente contient (tome XVI) des chapitres fort intéressants par les documents utilisés. Rosseeuw-Saint- Hilaire est assez médiocre (surtout, nous semble-t-il, pour l’époque contemporaine). Les meilleurs travaux d’ensemble
1. Au cours de ses Souvenirs, Macdonald dit plusieurs fois qu'il écrit à la campagne et ne se sert point de ses papiers.
2. Nous ne sommes pas suffisamment renseigné pour entreprendre même sommairement là critique des Mémoires que nous ne citons qu'à titre occasionnel, comme ceux de Savary, de Bausset, etc. Dans le doute, on n’attribuera de valeur qu’à leur concordance.
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restent ceux de Baumgarten (surtout sa Geschichte Spaniens 3. Z. d. fr. Rev.) ; cet auteur fait malheureusement, dans sa grande Geschichte Spaniens vom Ausbruch d. fr. Rev., une bien petite place à l’étude du gouvernement joséphiste, et cela se comprend : il n’avait guère pour se renseigner que Du Casse et Miot de Mélito ?.
L'histoire générale de la guerre de l'Indépendance a été fréquemment écrite (Napier, Foy, Maldonaldo, Toreno) ; les travaux d’Arteche et d'Oman doivent faire provisoirement autorité sur la matière. Mais les travaux les plus étendus et les plus récents n’utilisent encore que peu ou point de pièces d'archives. On ne possède d'histoire documentaire que sur des épisodes (Baylen, campagne de Napoléon, etc.) Il faut souhaiter que le colonel Titeux et le commandant Balagny trouvent beaucoup d’imitateurs.
Pour l’histoire diplomatique, nous avons le secours des deux livres de M. de Grandmaison : le plus récent (L'Espagne et Napoléon, 1804-1809), est supérieur au premier, sans être excellent et sans épuiser le sujet. Pour la période de la Révolution française, il y a, outre le livre de Baumgarten, déjà cité, une série d'articles fort soignés d'Albert Sorel (Revue historique, 1879-1880) ; mais, pour l’époque impériale, le grand ouvrage de ce dernier est peu approfondi (trop peu de sources, trop de confiance dans la seconde main). L'ouvrage d’Armand Lefebvre reste encore utile et parfois plus exact que des travaux plus récents. Pour la période impériale (spécialement), le petit ouvrage de Mayer est bien informé de ce qui a été publié, contient des pièces fort utiles jusque-là inconnues, et marque beaucoup de sens critique. Les longs articles de Bernhardi, peu documentés, non référenciés, méritent à peine qu'on les parcoure.
Travaux Locaux. — La guerre de l’Indépendance (surtout certains épisodes, comme le siège de | « immortelle » Girone), a provoqué une importante production catalane, nous dirons presque catalaniste *. Mais les sources utilisées restent les mêmes
4. Très supérieure au t. Ier d’Arteche, Reinado de Carlos IV (sauf au point de vue militaire).
2, La publication de la correspondance de La Forest ajoutera un peu à nos notions là-dessus, beaucoup moins d’ailleurs qu’on pourrait le croire @ priori. Au fond nous connaissons l’histoire des relations de Joseph avec Napoléon, non celle du règne de Joseph. ne 3. Il est intéressant de remarquer que les historiens catalans ne s intéressent guëre qu'aux événements antérieurs à 1714 ou à la guerre de l’In-
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(Cabanés, Ferrer, le Diario de Barcelona, Saint-Cyr, quelquefois Laffaille); et Toreno tient souvent lieu de sources. Les auteurs se répètent les uns les autres. On n’a guère ajouté à Blanch qui reste l'ouvrage fondamental. Les historiens catalans concentrent tout leur effort sur les événements militaires et sur quelques épisodes désavantageux pour les Français (violences de Lechi, rigueurs de Duhesme, exactions fiscales, conspirations, serment). Ils n’utilisent que de façon très exceptionnelle des documents inédits. Il y a un certain nombre de travaux de détail, qui ne sont guère plus fouillés. L'histoire contemporaine reste en Catalogne un genre exclusivement littéraire, et la guerre de l’Indépendance excite plutôt à l’éloquence qu’à la critique. Et pourtant la critique ne risque pas d’amoindrir le magnifique élan du peuple catalan, tant de fois constaté par les adversaires eux-mêmes.
ETUDES BIOGRAPHIQUES. — La meilleure des biographies dont nous ayons à profiter est celle de Suchet, par M. Fr. Rousseau, un fervent de l’histoire d’Espagne. L'auteur a utilisé une partie des documents des Archives nationales et des Archives de la Guerre. L'étude richement documentée de M. Chuquet sur Dugommier nous a été fort utile. La biographie de Saint-Cyr par Gay de Vernon n’est que la transposition des écrits de ce maréchal. Les travaux sur M. de Gérando ne parlent guère du séjour que fit ce haut fonctionnaire en Catalogne, mais ils nous font connaître cet homme de bien et de savoir, dont les capacités administratives, les bonnes intentions et la philanthropie chrétienne restèrent sans effet dans un pays qui ne voulut point les apprécier.
ENSriITurIoNs. — Sans vouloir apprécier ici les travaux généraux (le plus utile pour nous a été celui de M. Desdevises du Dezert), nous indiquerons qu’il y a à ce point de vue pour la Catalogne un livre très savant, bien que déjà ancien, celui de Pi y Arimon. Sur quelques points, Corolleu et B. Oliver peuvent aussi rendre service.
dépendance. Bofarüll, dans sa grande Historia crilica de Calaluña, passe très rapidement sur le xvine siècle. Balaguer, qui a tant écrit, arrête l’histoire de Catalogne au décret de 1716 ; mais il y ajoute une étude (monografia) sur la guerre de l'Indépendance.