‹ La captivité de BarceloneChapitre 156 sur 181 · ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

ESPAGNOLE

L'objet des recettes et dépenses de cette Trésorerie était un vrai dédale pour les Français, sous l’ancien intendant, qui n’en vèulait pas donner le fil et même sous le nouveau, qui n’y comgrénait guère par les lenteurs et la mauvaise volonté des employés de la Trésorerie, de l’Intendance et de la Contadorerie qui, n'ayant pas voulu prêter serment, ont été renvoyés au mois d'avril et remplacés, ainsi que ceux des douanes. Depuis cette époque, le général Duhesme est parvenu, à force de soins et

d'instructions, à faire verser toutes les différentes recettes d’impositions indirectes à la Trésorerie qui, sur ces fonds, faisait

le service suivant :

Recette.

Elle se composait : 1° Du produit de l'octroi perçu aux portes, établi par un décret du général Duhesme du mois de février 4809. Il montait à 25,30 et 40 mille piécettes (la piécette vaut quelques centimes plus que le franc) par mois. Cela se versait chaque semaine par le receveur général des rentes réunies chez le trésorier général.

2° Du produit des douanes qui, avant la réforme que le général y fit au mois de mars et l'impôt des 5 p. 100 sur toutes les marchandises sortant de la ville, ne produisait pas pour payer ses commis. Cette recette à été portée certains mois à 60 et 80 mille piécettes : sur la fin, elle n'en produisait guère que 40 à 50 mille, y compris 5 à 6 mille des droits sur le sel, letabac. les cartes et autres droits réunis que le général Dubesme avait remis en vigueur.

Dépenses.

Le dixième de cette recette était remis, en vertu du décret du général Duhesme, au corps des régidors qui, au moyen de cela, était obligé de faire fournir l'éclairage de la ville qui, l’année dernière, était à la charge de la junte générale.

Le surplus était employé au service courant de la Trésorerie, qui consistait principalement dans la solde des vétérans royaux espagnols, de la compagnie des sapeurs espagnols, de la paie des prisonniers de guerre faits sur les Espagnols, des forçats, du pain de munition, qui , était fourni aux uns et aux autres par l’ancien manutentionnaire espagnol.

On tenait une junte extraordinaire à la fin de chaque mois. Le trésorier général y présentait un état général de sa recette, une note détaillée des dépenses, de la solde et paiements ci-dessus spécifiés et le sommaire de ce qu'il avait en caisse.

On faisait alors la distribution de ces fonds sur un état présenté par l'intendant qui comprenait :

1° Les appointements de l’étatmajor espagnol de la place. 2 Ceux des officiers en activité. 3 Ceux des officiers à demi-solde, qui se composaient de tousles officiers d’artillerie et d’autres corps, des agrégés et des invalides qui, ayant prêté serment à S. M. le roi Joseph, ne pouvaient pas être réduits à mourir de faim. 4° Les appointements de l’intendant, ses frais de bureau ; les commissaires des guerres espagnols, les employés de la Trésorerie, ceux de là Contadorerie, plus les officiers de l’Intendance. 5° Des juges de l'Audience royale, des archivistes, des subalternes des tribunaux, des alguazils, des alcades, les gages des concierges des prisons et autres frais de ce genre. 6° Les gardes-magasins espagnols, les frais

Dépenses.

de literie militaire pour toute la garnison, et autres dépenses trop longues à rapporter, qui n'étaient payées que sur ordonnances en règle du contador et de l'intendant, suivant le mode de comptabilité espagnol. Tous ces articles composaient donc le service espagnol et:

se portaient à une somme de 30 à 35 mille piécettes.

On ordonnait la remise de 29 à 25 mille piécettes au payeur français pour la dépense des hôpitaux militaires, pour les infirmiers et manu-

tentions de pain, les frais extraordi-

naires de l'artillerie, du génie et de l'armée. Cette somme avaitété mise à la disposition de l’ordonnaleur par le général en chef Saint-Cyr et ne se délivrait que sur ses ordonnances.

Enfin le surplus se versait dans la caisse de la junte, quand il y avait insuffisance de fonds provenant des contributions pour le service dont elle était chargée, ou se distribuait en paiement de riz ou de blé que l'on avait acheté et que l’on avait spécialement hypothéqué sur les rentrées des contributions directes.

Toutes ces distributions de fonds étaient faites publiquement, la délibération inscrite sur un registre tenu par un secrétaire d'intendance et signée de suite par le général commandant ou celui qui le remplaçait.

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