‹ La Caricature, journal fondé et dirigéChapitre 112 sur 113 · TROISIÈME AGENT · texte numérisé non relu

TROISIÈME AGENT

Ah ! monsieur le Préfet! la cérémonie est flambée ! Pas moyen d'avoir un bal sans danseurs, et les officiers ne veulent pas venir s'il y a des bourgeois, parce que ceux-ci les ont insultés. — Impossible de composer une réunion un peu propre, s'il n'y a pas quelques vieilles têtes de magistrats. Ces vieux entêtés-là ne veulent pas venir s'ils n'ont point la préséance sur la noblesse. — La noblesse ne viendra point, si elle n'a le pas sur la magistrature. — Jusqu'aux bourgeois qui font les difficiles , et resteront chez eux si le candidat libéral n'est pas nommé aux élections.

EE PRÉFET

Diable! diable! Je n'avais pas prévu tous ces embarras-là!... Eh bien , mon ami , mon excellent ami , tu vas retourner chez tous ces ambitieux. Dis aux officiers qu'il n'y aura pas un seul bourgeois; aux magistrats, qu'il auront la préséance; à la noblesse, qu'elle aura le pas (dire lequel, par exemple, je n'en sais rien), enfin aux bourgeois , que le candidat libéral sera nommé , par la raison toute simple que les votes sont libres, et que par conséquent cela ne dépend pas de moi. Dis tout cela, mon ami, et nous aurons ce soir une fête superbe, éblouissante, séduisante.

( mx heures du soir. ) — L'Hôtel-de-Ville est illuminé , une musique harmonieuse électrise une partie de la société déjà arrivée; l'alégresse est générale.

( trois heures du matin. ) — Des cris remplacent le son des instrumens, les lustres sont brisés, les invités se prennent aux cheveux ; le tumulte est au comble.

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