‹ La Caricature, journal fondé et dirigéChapitre 39 sur 113 · LE REVEIL D'CN GRAND HOMME · texte numérisé non relu

LE REVEIL D'CN GRAND HOMME

Miguel. — Eh bien , Ramirez, quoi de nouveau ce matin ?

Ramiuez. — Rien , grand roi , si ce n'est que le Très-Haut nous accorde la délicieuse faveur de continuer à Votre Majesté une vie exempte de maux.

Miguel. — Est-ce que cela te regarde, flatteur. — Hier, a-t-on pendu donFernand?

Ramiuez. — * Oui, Sire.

Miguel. — Son dernier cri a-t-il été Vive don Miguel !

Ramirez. — 'Non, pas précisément , Sire.

Miguel. — Ah! c'est, je crois, le premier malotru qui se permette pareille chose , n'est-il pas vrai ?

Ramiuez. — 'Je crois que oui, Sire.

Miguel. — Est-ce que par hasard si je te faisais pendre , tu ne crierais pas Vive don Miguel! toi?

Ramiuez, s inclinant avec frisson : — Oh! en pouvez-vous douter, grand Sire.

Miguel. —Nous verrons cela.... Mais ne nous occupons pas de bagatelles. Y a-t-il de l'argent au trésor pour ma grande partie de chasse ?

Ramirez. — Oui , Sire. Mais aprèsb il ne restera plus rien de la confiscation des biens de don Fernand.

Miguel. — As-tu fait écrire à l'insolente famille des Carvalh des journaux anglais étaient arrivés à leur adresse?

Ramirez. — Oui , Sire , et un domestique étant venu pour les chercher à la poste^ il a été, d'après l'ordre de votre gracieuse Majesté, immédiatement jeté en prison. Et puis, un second valet étant venu demander des nouvelles du premier, on l'a envoyé rejoindre son camarade. Et puis, un intendant étant venu réclamer les deux détenus* il a fait le troisième. Enfin, vers les quatreheures, |e comte de Carvalho, étant venu déposer au ministère une pétition par laquelle il protestait insolemment contre ce qu'il osait appeler une tyrannie... — 7c» Miguel

Iho que

fronce le sourcil, et Kamirez, tremblant, amoindrit le plus possible so,i individu. — .... contre ce qu'il osait appeler une... erreur, son équipage a servi à le conduire lui, sa pétition, sa femme et sa fille, qui se trouvaient aussi dans la voiture, au Château-Fort bairaé par le Tage. " »

Miguel. — Très-bien, Et le fils de Carvalho, qu'est-il devenu,' lui?

Ramirez. — Sire , il a été jeté au cachot , arrêté ce malin dans votre palais comme il y venait, au risquede réveiller Votre Majesté, s'informer des causes de l'arrestation de sa famille.

Miguel. — Elle est riche la famille des Carvalho?

Ramirez Sire, c'est l'une des plus opulentes dn Portugal. . . après

Votre Majesté , bien entendu.

Miguel. — Eh bien , Ramirez, va te promener, mon ami ; et n'oublie pas , demain matin , de me dire si , en serviteurs fidèles , les Carvalho auront crié : Vive don Miguel !

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