LES BULLES DE SAVON
Considérant qu'il est faux et calomnieux de dire que
le Gouvernement n'a pas accordé tout ce qu'il avait promis et tout eu qu'on avait droit d'attendre de lui.
Considérant que la Charte est bien une vérité , puisque tout Français est libre d'écrire ses opinions, pourvu qu'il ait seulement mille écus de rente.
Considérant, qu'en raison du prix où est le beurre, le Gouvernement est établi au meilleur marché possible.
Considérant, que si les maires ne sont pas nommés par le peuple, ils le sont par le roi , ce qui est absolument la même chose.
Considérant que les élections sont très-populaires, puisque le cent a été diminué de 45 centimes.
Attendu qu'il est bien prouvé que nous jouissons de la meilleure des libertés,
Mandons et ordonnons , etc. , etc.
Les journaux ont annoncé que la lithographie connue
sous ce nom avait ete
publiée par la Caricature. Ce dessin, trop incorrect pour être donné à nos abonnes, était publié par M. Aubert , Éditeur de notre journal; c'est ce qui a donné lieu i l'erreur de nos confrères.
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En vertu de ce manda! , décerné (vu la gravité du cas) contré l'Auteur, contre l'Éditeur et contre l'imprimeur, les épreuves de la Caricature représentant le Gouvernement qui s'amuse à lancer des bulles de savon , sur chacune desquelles on lit une belle promesse , ont été saisies chez l'Editeur, et la pierre chez l'Imprimeur —
Cette acte de rigueur prouve !a force du pouvoir, et l'artiste sera bien embarrassé, sans doute, pour justifier sa calomnieuse plaisanterie. Nous tiendrons nos lecteurs au courant de ce grave procès , qui serait naturellement du domaine de la Caricature, quand même l'auteur du dessin en question ne serait pas le gérant de celle feuille.
Notre proinesse.ne sera pas une bulle de savon ; mais probablement. celte affaire s'en ira comme nos espérances... en fumée.
Ch. PiiîlipohJ
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Près de l'Alice malfaisante , Ce soir en venant j'ai passe.
Jadis on me disait que quand sa voix méchante Vous poursuivait, aigre et perçante, C'était un signal assure D'un malheur par elle annonce!
C'est un proverbe de village Dont on m'effrayait au jeune âge",' Et ce souvenir m'a ^lacé.
Alors, rêveur et solitaire
Auprès du bois que je chéris, Je me souvins bientôt qu'un soir ma pauvre mère ,
En revenant vers sa fille si ehère ,
De l'Agace entendit les cris.
n 0 bon ange du paradis , » Disait-elle tout en alarmes , » 0 bon ange, voyez mes larmes, » Et que mes enfans soient bénis. »
Combien de pleurs j'ai vu répandre , Et de malheureux soupirer.
Hélas ! quand le destin , que nul ne peut comprendre . A décidé que l'herbe tendre Avant son temps devait tomber, Quelle main pourrait l'empêcher?
Ainsi ma mère en ses alarmes , En vain à l'ange offrit ses larmes.
L'ange ne put la protéger.
Et sa fdle , qu'en sa pensée , Elle entendait rire et chanter, Sa fille en son printemps, comme la fleur tombée. S'en fut dans la tombe glacée.
Et sur la cîme du rocher, L'Agace aimant à se percher Autour de l'arbre tutélairc, De la tombe alors solitaire Long-temps est venue agacer!