NOUVELLE ARCHITECTURE
Les monumens modernes de Paris méritent qu'on ne parle d'eux que pour les admirer comme il convient.
La Sainte-Geneviève de M. Soufflot est certainement le plus beau! gâteau de Savoie qu'on ait jamais fait en pierre.
Le palais de la Légion-d'Honneur est aussi un morceau de pâtisserie fort distingué.
Le dôme de la Halle-au-Blé est une casquette de jockey anglais sur une grande échelle.
Les tours de Saint-Sulpice sont deux grosses clarinettes, et c'est une forme comme une autre; le télégraphe, tortu et grimaçant, fait un aimable accident sur leur toiture.
Saint-Roch a un portail qui n'est comparable, pour la magnificence , qu'à Saint-Thomas d'Aquin. Il a aussi un calvaire en rondebosse dans une cave, et un soleil de bois doré. Ce sont là des choses tout-à-fait merveilleuses,
La lanterne du labyrinthe du Jardin-des-Plantes est aussi fort ingénieuse.
Quant au Palais de la Bourse, qui est grec par sa colonnade, romain par le plain-cintre de ses portes et fenêtres , de la renaissance par sa grande voûte surbaissée, c'est indubitablement un monument très-correct et très-pur : la preuve , c'est qu'il est couronné d'un attique comme on n'en voyait pas à Athènes , belle ligne droite, gracieusement coupée cà et là par des tuyaux de poêle. Il a en outre un toit presque plat comme en Orient, ce qui fait que, l'hiver, quand il a neigé, on balaie le toit, et il est certain qu'un toit est fait pour être balayé.
Ce sont là, sans aucun doute > de très-superbes monumens, joignons-y force belles rues, amusantes et variées comme la rue de Rivoli , et je ne désespère pas que Paris , vu à vol de ballon , ne présente un jour aux yeux celte richesse de lignes, cette opulence de détails , cette diversité d'aspects , ce je ne sais quoi de grandiose dans le simple, et d'inattendu dans le beau qui caractérise un damier.
Victor Hugo.
Charge*.
FAO-SIIHILB.
Messieurs, (une foule de voix : bien ! très-bien !) je suis (bravo! ) je suis un pleutre, (bien! bien! marques universelles d'assentiment) un couard. (Adhésion générale.) Je laisserai battre mes voisins, (c'est juste ! c'est bien !) je laisserai pendre mon frère, (bravo! bravo!) violer ma sœur, (attendrissement approbatif,) égorger mes amis, (trépignement et pleurs de joie dans l'auditoire ,) mais si les égorgeans me demandent mon avis, je leur dirai hardiment : faites ce que vous voudrez, je n'y consens pas. Néanmoins, messieurs, comme l'honneur et la dignité me défendent de me mêler des affaires des autres, je ne m'en mêlerai pas. (Vive sensation. ) Oh! si quelqu'un me crachait cent fois au visage , s'il me battait , s'il me chassait de mon logis, enfin si de son pied il menaçait le juste milieu , alo
alors , messieurs ,
résisterais , car je suis fort , je suis courageux , j'ai l'âme grande et fière, j'ai des armes et j'appellerai tout le monde à mon secours. (L'assemblée sanglotte d'admiration.)
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Fantaisie des cens du Roi (deuxième accès). Vendredi, un commissaire de police a fait une descente chez M. Aubert avec un singulier mandat conçu'en ces termes, et signé par M. Vivien. <c M. le » commissaire de police se transportera chez M. Aubert, éditeur du » journal la Caricature , et saisira tout dessin, toute lithographie,
» toute gravure injurieuse pour le roi, les chambres ou le gouvernement. » Quelqu'un qui se trouvait là , conseillait au commissaire d'user de l'étendue de son mandat , en emportant toutes les caricatures chez lui pour y choisir plus à l'aise. Mais le magistrat a paru comprendre que qui veut trop prouver ne prouve rien . et il s'est retiré pour aller chercher des instructions plus positives, qui ne compromettent point ainsi la responsabilité des agens secondaires de l'autorité. — (Troisième accès.) Après une saisie, illégale de fait, et préjudiciable aux intérêts de son éditeur, la caricature les bulles de savon a été rendue à M. Aubert. Elle figure aujourd'hui aux vitres de son magasin, et y est l'objet d'une curiosité qu'elle Joit. sans doute
en partie à l'intérêt qu'ont bien voulu y prendre MM. du Parquet.
Depuis quelques jours, on a placé comme ornement dans chacune des galeries du Palais-Royal des fusils fort luisans , promenés par des gardes municipaux fort propres. — Bientôt le Casimir ne sera plus de mode. — Dérogeant à l'honnêteté de son tilre , déjà le Voleur s'est créé une réputation de supériorité avec un coin original de son incommensurable feuille : les Lettres sur Paris. Aujourd'hui, il pique vivement la curiosité publique par la promesse de la prochaine publication de Mémoires sur la Cour de Charles X. Ce que nous connaissons de ces précieuses révélations nous permet de leur assurer un succès basé sur un mérite d'authenticité et d'intérêt exempt de tout scandale. Le Voleur se convertit. — C'est à tort qu'on a surnommé politiques les promenades des étudians. Elles sont au contraire fort impolitiques. — Notre confrère le journaliste Charles X nous a proposé l'échange. Nous lui envoyons sa Caricature; mais la douane de Calais confisque notre exemplaire légitime. — Dans le matériel des nouveautés , on parle de réformer Philippe. — M. Laffitte laisse les finances en bien pauvre état ; il n'y reste qu'un Louis. — Les chambres et le gouvernement sont fort mécontens de M. le préfet de police, qui se permet de prendre leur ressemblance pour des caricatures.
Le Gérant, C». FHILIPON.
CONDITIONS D'ABONNEMEHT
La Caricature donne, par an, cent quatre lithographies exécutées par les Artistes les plus renommés. Chaque numéro , composé d'une feuille de texte et de
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lîota.
Les personnes qui recevraient des exemplaires froissés peuvent , au moyen de l'action d'une presse à papier, faire disparaître les plis. Il faut avoir soin d'exposer préalablement la feuille à l'humidité.
roUR TROIS MOIS, franc de port.
POUR SIS MOIS, idem.
TOUR us AN, idem.
13 fr.
1 franc de plus par trimestre pour l'étranger.
©il .Souscrit :
A Paris, en envoyant, franco, un bon sur la poste ou sur une maison de Paris, au grand magasin de caricatures d'Auherl, passage Vcro-Dodat — A Lyon, chez Baron, libraire, rue Clermout. — A Londres, chez Dctaparte, Burlingtcn arcade Piccadilly, corner of Burlington garden. ■ — A Strasbourg, chez Alexandre, dépositaire des journaux. —A Bruxelles , chez Dero Bêcher, Montagne de la Cour, n° 17. — A Genève, chez Barbezat et Compagnie, libraires.