‹ La carrièreChapitre 13 sur 25 · I- Anihassadri':c d'Italie à l A)iibassadricc d Aittriclic · texte numérisé non relu

I- Anihassadri':c d'Italie à l A)iibassadricc d Aittriclic

« Chez vous, chez moi ou chez la Générale P... à neuf et demie. Urgent. »

Le M'misirc de la Police à l Empereur. {Rapport. )

<< Je suis en mesure cfe ùunner à ^'otre Majesté quelques indications supplémentaires ,• touchant les sentiments du / corps diplomatique.

(( Le5 ambas-sadrices de la triple alliance se sont réunies tout à l'heure, et ont conféré au sujet de l'attitude à tenir dans les circonstances qui préoccupent à si juste titre Votre Majesté.

<i C'(^t l'ambassadrice d'Italie qui a pris l'initiative de cette réunion ; conformément au génie de sa race, elle a commencé par préconiser les mesures violentes. L'ambassadrice d'Allemagne ^e^■^'l:n assez disposée à la suivre dans cette voie ; mais l'ambassadrice d'Autriche ayant soulevé quelques objections très nettes bien que sous une forme timide, la générale Puff a brusquement changé d'avis, et a donné à M'"^ Fattolino des conseils, ou plutôt des ordres d'extrême prudence.

I Ces dames se rencontreront, à quatre heures et demie, chez Conradin (i) où elles recevront les nouvelles tout en prenant le thé. Vers cinq heures et demie, elles iront chacune de leur côté au Château, et s'y retrouveront, comme par hasard, dans les appartements de M"^*^ ia comtesse d'Eschenbach, où elles espèrent voir la jeune duchesse sorti) Célèbre ])âtissier anglais.

" .Te fais des vœlx

pocr votre prochain

jiatch de bicyclette. »

d'autre part démêlé comment l'ambassade italienne, informée d'habitude si pauvrement, l'était si bien aujourd'hui. Je présume toutefois, vu les bons rapnorts de cette puissance avec l'Angleterre, que ces nouvelles sont de source anglaise. Je pense que le Conseiller d'am.bassade. l'honorable Huxley-Stone, est tenu au courant par l'agent que j'ai dû attacher à la surveillance de sa personne. J'avais songé à remplacer cet agent, mais je ne m'y suis pas encore résolu, craignant de ne pas gagner au change : car il est bien difficile de trouver des personnes sûres et scru-

puleuses pour remplir ces délicates missions. »

Le Marquis de Chamcroy à M"^^ Charlct.

« Vous ne seriez plus la spirituelle créature que j'apprécie, si vous refusiez de jouer un bon tour à quelqu'un que vous n aimez pas trop, et dont la femme ne vous est pas non plus trop sympathique. Vous devinez i . C'est pour aujourd'hui cinq heures. 11 faut l'occuper à partir de quatre heures et demie. »

La Marquise de Chameroy à Chailly-Descovibcs.

« Je vous trouve d'une jobarderie extraordinaire avec X. Te vous garantis qu'il machine contre vous. 11 faut lui casser les reins. \idez-v au moins. Il s'agit qu'il ne soit pas libre aujourd'hui entre quatre et demie et cinq et demie. »

yl/me Charlet à La Morvandicrc.

« Mon petit vicomte, donnez le thé aujoui-

" C'kst IN" rr.TiTE canailleuie qui: ^OLS faiso.ns, mais si amusante. >

d'hui, vous et Frécourt, dans votre garçonnière. Les invitations pour quatre heures et demie. IL faut avoir quelqu'un qui ne vient presque jamais, et qui est venu pourtant l'autre soir. \'ous comprenez?? Invitation spéciale et pressante pour lui. Pas un mot à jNlusigny (sauf pour l'inviter, sans explication). U'cst trop honnête homme et c'est une petite canaillcrie que nous faisons, mais si amusante ! »

Chailly-Descombes au duc de Xaintrailles.

<( Cher ami, j'ai un véritable service à vous demander. Vous savez que je cherche une monture. On me propose un demi-sang, huit ans. Ca me dit, mais je me méfie de m.es lumières. Pouvez-vous venir me l'essayer au Parc, à quatre heures et demie? Merci d'avance. »

Ls '-ricomte de La Morrandière au duc de Xaintrailles.

« Mon cher Xaintrailles, vos petits amis donnent le thé ce soir, quatre heures et demie Vous avez été si gentil de venir nous surprendre l'autre soir! Ne nous manquez pas aujourd'hui, vous nous feriez de la peine. »

.1/" Huxley-Stone au duc de Xaintrailles.

a Mon cher Francis, j'ai beaucoun de reproches à vous faire : je ne vous vois plus. Au moins, si vos soirées ne sont plus libres, donnez-moi un peu de vos aprèsmidi. Venez prendre le the aujourd'hui, avant cinq heures. ]c ne suis pas la seule à remarquer votre réserve. 11 est indispensable que vous veniez. »

Le duc de Xaintrailles à .1/" Huxley-Stone.

,( Je viendrai, mais j'ai' bien failli ne plus être libre. Trois, rendez-vous à la même heure!

C'est à croire qu'on s'est donné le:

mot. Ai-je besoin de vous dire que je manque de parole à tout le monde pour me tenir à vos chers ordres ? »

Lettre diin inventeur dans le besoin à .1/""' la duchesse de Xaintrailles.

« Très noble dame, je dois d'abord mV-xcuscr auprès de \'otre Haute Noblesse, do lui écrirs sans avoir l'honneur d'être connu d'elle.

Mais, hélas! je ne suis connu de personne au monde, bien que Dieu, en m'accordant les ressouices d'un génie dont je lui rends grâce humblement, m'ait destiné à une célébrité universelle.

<< Aujourd'hui, madame, faute d'un secours, faute d'une jirotection morale encore plus que matérielle, je me trouve réduit à priver l'Humanité d'une invention merveilleuse qui en changerait la face.

« Si, en eflfet, les découvertes de la vapeur et de l'électricité ont modifié profondément notre siècle, que ne résulterait-il point de la direction des aérostats? Eh bien, madame, j'ai résolu ce problème, et cependant. Colomb de d'espace, je suis jiartout repoussé, partout honni, partout.

<( Je ne crois pas devoir, madame, exiioser à Votre Haute Noblesse, les détails techniques de mon invention, mais vous en voyez assez l'intérêt. Vous êtes bonne, et vous ne refuserez pas, dans votre haute fortune, d'intervenir auprès des puissants de la terre en faveur d'un grand homme méconnu. »

A Sa Noblesse .T/""^ la duchesse de Xaintrailles.

(Lettre d'une femme dont l'amant a été condamné pour crime passionnel.)

(( Grâce, madame, je vous crie : grâce ! Mon nom ne vous est pas inconnu: j'ai la triste" célébrité des tribunaux. Mes juges

m'ont acquittée glorieusement, mais celui que j'aime gémit encore dans les fers. Je ne vis plus que pour le délivrer. J'ai voulu me traîner aux pieds de Leurs Majestés Impériales. Je n'ai pu ai)procher d'EIles. Madame ! Vous que les grands de la terre ne repoussent point, ne me refusez pas votre gracieu.i appui. Je sais que votre cœur est fait pour comprendre la passion et pour en absoudrj les victimes. »

<• Jl-; MK THOL'VE r.lÏDUIT A PRIVER l'hUMAMTÉ d'uNE INVEN- TION MERVEILLEUSE QUI EN CHANGERAIT LA FACt.'î^"

'Le Ministre de la Police à l'Em-pereiir.

(Rapport.)

Trois beiires.

« Son Altesse Impériale est en costume civil, et même en pantoufles. Elle se promène avec agitation dans Son cabinet de travail, où est l'appareil téléphonique. Elle communique toutes les dix minutes envi-

ron avec la comtesse d'Eschenbach, qui a fait elle-même placer une chaise auprès de son propre récepteur, et qui attend paisiblement les sonneries. Les conversations sont soigneusement recueillies au poste central du Château: elles ne présentent aucun intérêt. »

Le jctine comte de V... à V Héritier i^-par Constant).

Trois heures.

(( J\Ion cher Seigneur, je m'amuse bien. Je suis caché sous le petit escalier c^ui est entre l'Archiduc et la comtesse. A moins un quart, on a ouvert les portes de communication, qui étaient à double tour. J'ai entendu des voix, mais pas les mots. J'espère bien qu à cinq heures je pourrai monter, et beaucoup mieux voir et entendre. »

yl/"* de Dortiiinnd à l'Inipcratrice.

Trois heures.

(( Il m'a paru curieux de noter l'état d'âme de M""' d'Eschenbach. J'ai passé chez elle. Je l'ai trouvée souriante, fraîche, l'air heureux. Elle téléphonait à Son Altesse Impériale, et cette conversation dont je n'entendais point les réplic[ues, avait je ne sais quel caractère mystérieux cjui cadrait bien avec la physionomie discrète de la comtesse. Qu'il serait intéressant de pouvoir observer aussi et analyser l'Archiduc ! »

XXT

L'Agent de Police à Huxley-Stone.

(( Toutes les dispositions sont prises au Château. Si la jeune personne vient dans la gueule du loup, elle n'y coupera pas. »

Huxley-Stone à V Ambassadrice d'Italie.

<( Ail right ! »

I^e Ministre de la Police à VEmfereur. [Rapport.)

Quatre heures.

(c Son Altesse Impériale a interrompu Sa nromcnade. Elle S'e<;t nasse plusieurs fois la

main sur le menton. Elle a constaté que Sa barbe était mal faite, et Elle a juré en français. Elle a ensuite rudoyé Son valet de chambre, et, au grand étonnement de celui-ci. S'est mise à Se raser Elle-même, ce qu'Elle n'avait pas fait depuis la dernière campagne. »

/l/"8 de Dortmund à l'Inipcratrice.

Quatre heures vingt.

« Pour complaire à ma chère Souveraine, je viens de me risquer chez le Prince, en dépit de toutes les consignes. JNIe souvenant que plusieurs fois j'avais passé sans être vue par le couloir qui est derrière Son cabinet de toilette, j"ai pris ce chemin. J'ai entendu des éclats de voix qui m'ont paru venir de la chambre à coucher. Je n'ai plus alors hésité à pousser la porte du cabinet, mais contre mon attente, je me suis trouvée face à face avec Son Altesse Impériale, qui avait le visage couvert de savon. Je n'oserais point dire à Votre Majesté en cjuels termes l'Archiduc m'a invitée à déguerpir. »

Le jeune comte de V... à VH criticr.

Quatre heures et demie.

(( J'entends qu'on cric. Les jambes me rentrent dans le corps et je meurs d'inanition. JMon cher Seigneur ne pourrait-il pas m'envoyer un tabouret et quelques gâteaux ? »

De r Ambassade de France à la comtesse d'Eschenbach.

(Par téléphone.)

(( La voiture est avancée. »

Le marquis de Chameroy à M^^ Charlet.

(Par téléphone.)

(( Vous pouvez considérer la chose comme faite. »

La Comtesse dEschenbach à V Archiduc Paul. (Par téléphone.) « On est en route. »

M Je .n'oserais poim uike a Votre Majesté en quels termes ;. Archiulc

m'a lyv'ITÉE A DÉGUERPIR. »

LHéritier à son jeune ami.

Cinq neures.

rc Que se passe-t-il ? Un mot, vite. Nous étions à peine réunis pour le thé que le chambellan de service est entré et a donné une billet à l'Empereur. Papa a passé dans son cabinet, où il est seul. »

{Par estafette.)

« Ordre au Grand-Maréchal de la Cour de se rendre séance tenante dans le cabinet de Sa ]\lajesté, afin d'y recevoir Ses instructions. »

L'Agent de Police à Hu.xiey-Stone {qui est

en train de prendre le thé avec sa fetnme

et Xaintrailles).

(( Je viens de croiser la voiture. ^Nlaintenant, ii faudrait un miracle. »

Hiixley-Stone à l Ambassadrice d'Italie {qui

est en train de -prendre le thé chez

Conradin, avec les Ambassadrices

d Alltmagne et d' Autriche.)

AU ri^ïht!

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