IV. PROCÉDÉS AUX SELS DE CUIVRE
Procédé au sulfate de cuivre.
M. Benham a imaginé un procédé fort économique donnant d'assez jolies épreuves. Il repose sur l'emploi du bichromate de potasse et du sulfate de cuivre.
Faire dissoudre : i5 gr. de bichromate de potasse 7 gr. de sulfate de cuivre dans 125 ce. d'eau.
Filtrer. C'est le liquide sensibilisateur. Il se conserve indéfiniment.
M. Fritz Hangk donne une formule un peu différente :
Solution saturée de bichromate de potasse. lo ce. Solution saturée de sulfate de cuivre. . . 35 ce.
Mélanger et garder pour Fusage.
Prendre du papier ou du carton encollé à Tamidon
et faire flotter pendant une minute sur la solution placée dans une cuvette. On peut aussi étendre la liqueur au pinceau. Opérer dans un laboratoire peu éclairé. Faire sécher très rapidement. Après aAoir épongé avec du buvard le trop plein qui s'amasse au bord inférieur de la feuille, on place le papier ou le carton fixé sur une planchette à Taide de punaises près d'un poêle. Le succès dépend de la rapidité du séchage.
Quand le papier est sec, il doit être jaune foncé. On peut alors Fexposer comme de coutume dans un châssis-presse et à la lumière diffuse. L'impression se fait plus rapidement qu'avec les sels d'argent. L'image est à point quand tous les détails sont bien venus et que les ombres sont marron foncé tendre, tandis que les blancs demeurent jaunes, de la nuance primitive du papier.
Pour fixer l'image, ce qui lui fait perdre malheureusement de ses valeurs, on la trempe simplement dans l'eau claire. Le bichromate non atteint par la lumière se dissout et le papier déifient blanc. Ce fixage dure environ une heure, le bichromate ne s'éliminant que lentement. Si l'on ajoute de l'alun, on peut abréger considérablement l'opération qui ne dure plus alors que dix minutes. Il faut que l'alun soit complètement dissous dans l'eau ; car s'il en res tait un seul petit cristal, il causerait une tache.
Quand le papier est redevenu très blanc, que tout le bichromate est absolument éliminé, on lave Tépreuve sous le robinet pendant quelques minutes et on la développe. Le développement peut se faire en plein jour. On se sert, à cet effet, d'une forte solution d'acide pyrogallique fraîchement préparée.
Les détails auermentent d'intensité, les ombres
prennent du ton et au bout de quelques instants, l'image est parfaite ; il suffit de laver à Teau courante pendant quatre ou cinq minutes et l'épreuve est terminée .
D'après l'inventeur, M. Charles Benham, ce procédé est très économique. Comme simplicité, et comme bon marché, il bat tous ses rivaux. Il convient surtout aux clichés à effets vigoureux et quand le temps de l'exposition a été bien exact, l'image est fort belle et d'un aspect très artistique. Le papier sensibilisé ne se conserve pas et plus les opérations sont menées activement, plus le résultat est satisfaisant.
On peut modifier les proportions données pour le liquide sensibilisateur, en se souvenant que si Ton augmente la teneur en cuivre, on obtient des bruns plus gris.
M. E. Hangk a donné une variante du procédé précédent : Le papier sensibilisé et sec est exposé sous un n-égatif jusqu'à ce que l'image soit nettement dessinée, puis développé en le faisant flotter dans une solution de
Eau distillée 4^ ce.
Nitrate d'argent i ©r.
L'image paraît rapidement en rouge. On termine par des lavages répétés dans l'eau pure.
Autre variante donnant des teintes lilas.
La carte est sensibilisée d'après la formule précédente et exposée sous le négatif : on lave dans l'eau pure et dans l'obscurité; on soumet à un bain de chlorure de sodium très faible, puis on lave et on fait sécher dans l'obscurité. On soumet alors à l'action des vapeurs ammoniacales et on expose à la lumière.
On obtient de cette manière des tons lilas.
On peut avoir rimage crun beau rouge en la plongeant, après exposition, dans un bain de ferricyanure de potassium.
Procédé Deaper.
Ce procédé aux nitrates d'argent et de cuivre donne des épreuves, sans développement, par simple fixage à Teau.
Préparer une solution de :
Eau distillée loo ce.
Nitrate d'arg-ent 20 gr.
Nitrate de cuivre 2 gr.
Sensibiliser le papier en le faisant flotter dans ce bain. Sécher dans Fobscurité, exposer comme d'habitude. Pour fixer l'image, il suffit de laver l'épreuve abondamment.