‹ La case du Père TomChapitre 118 sur 200 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

— Tous avez enlevé Dodo à tous ses amis ; il n'a pas un être au monde pour l'aimer; c'est ce qui fait qu'il a des défauts; c'est inévitable, à ce qu'il me semble.

— Je ne saurais remplacer sa mère , et il me serait impossible de l'aimer.

— Pourquoi pas? dit Evangéline.

— AimerDodo ! vous ne le voudriez pas. Il me plaît assez ; mais vous n'aimez pas vos esclaves?

— Si fait.

— C'est bizarre.

— La Bible ne nous recommande-t-elle pas d'aimer tout le monde ?

— Ah! elle recommande bien d'autres choses encore; mais personne ne songe à s'y conformer.

Eva ne répondit pas, et réfléchit pendant quelques instants.

— En tout cas, reprit-elle, aimez Dodo, et soyez bon pour lui par égard pour moi.

— J'aimerai n'importe qui par égard pour vous, ma chère cousine; car vous êtes vraiment, la plus aimable enfant que j'aie jamais vue.

Eva reçut ce compliment avec simplicité, sans changer de visage, et se contenta de dire : — Je suis satisfaite de votre promesse, mon cher Henrique, et j'espère que vous la tiendrez.

La cloche du dîner mit fin à l'entrevue.

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