CHAPITRE PREMIER GÉNÉRALITÉS
La réussite des opérations catalytiques sous pression réduite dépend essentiellement de la bonne construction de l'appareil. Comme l’a montré Kelber (1), en effet, le nickel réduit, servant de catalyseur, absorbe fortement l’oxygène et perd ainsi toute son activité. Une rentrée d’air aurait donc pour conséquence: d'interrompre brusquement une opération en cours ; encore: serait-il facile de rendre au nickel son activité première, en effectuant une nouvelle réduction, à une température convenable, de l’oxyde formé. Malheureusement, nous n’avions pas à notre disposition une pièce spéciale, réservée uniquement aux opérations catalytiques. L’atmosphère du laboratoire étant toujours plus ou moins chargée de vapeurs noscives, une rentrée d’air occasionne la perte définitive du catalyseur, en causant son empoisonnement.
D’après Willstaetter et Waldschmidt-Leitz (2), la présence d'oxygène (libre ou sous la forme d’oxyde) est nécessaire à
(1) Kelber : Bull.; 1924, p. 605.
(2) Willstaetter et Leitz : Bull. ; t. 30, p. 713.
io
l’obtention d’un bon catalyseur au nickel. Mais Kelber (1) a montré en 1924 que cette opinion était erronée.
L'activité du catalyseur est diminuée lorsqu'on le met en contact avec l’oxygène, à 00, pendant 15 minutes. Il y a adsorption d'oxygène par le nickel, et à la température de 70-809, le catalyseur devient inactif. Ces faits ont d’ailleurs été prouvés expérimentalement. Kelber a pu obtenir un nickel d'activité excellente en réduisant du cyanure de nickel Ni (CN }?, dans un courant d'hydrogène. Schlenk (2), d’autre part, à réussi en 1923 à préparer l’hydrure de nickel NiH?, à partir du chlorure. Il ajoute du Ni CI? anhydre à une solution éthérée de C6H5Mg Br, dans une atmosphère d’azote. Il obtient une solution brun foncé de nickel colloïdal. En traitant cette solution par de l’H il se forme un précipité floconneux noir de NiH4, qui, desséché dans un courant d'hydrogène, perd H? et donne le dihydrure NiH2. Cet hydrure est également un bon catalyseur permettant de fixer de l’hydrogène sur un grand nombre de composés non saturés.
En résumé, non seulement l’oxygène n’est pas utile à l’action d’un catalyseur au nickel, mais encore est-il parfaitement nuisible puisqu'il paralyse son activité dès la température ordinaire.
De là, la nécessité d'opérer dans un appareil tenant parfaitement le vide et d'apporter une grande attention dans le choix et l’essai des robinets employés.
DE ler 20e NOPZLe Fe (2) Schlenk : Ber ; 1923 ; t. 56