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CHAPITRE PREMIER

Définition, historique de la Cataracte de Morgagni

La cataracte de Morgagni est une cataracte sénile, supra mûre ; elle s'appelle également, fluide ou laiteuse. Cette cataracte ne présente plus un aspect homogène. Elle laisse voir, dans sa partie inférieure, un noyau brunâtre, changeant de place aux mouvements du sujet, noyau dur, scléreux et mobile, flottant dans une sérosité laiteuse.

La cataracte est connue depuis très longtemps. Dans les livres hébreux de l'Ancien Testament, nous trouvons quelques passages où il est question de la cataracte : Genèse xxvii, 1, « Or, il arriva, quand Isaac fut devenu vieux, et que ses yeux furent si ternes, qu’il ne pouvait plus voir, qu’il appela son fils Esaü, etc... » C’est chez les Egyptiens que se trouvent les traces les plus anciennes de l’art oculistique ; les médecins égyptiens faisaient une étude particulière des maladies ophtalmiques; ils avaient des oculistes

nt D qui appartenaient à la caste sacerdotale. L'étude des auteurs grecs, et d’'HiPPOCRATE, en particulier (460- 380 av. J.-C.), nous démontre que leurs connaissances de la cataracte, se bornaient à décrire les divers changements de coloration de la pupille.

CELSE (10 av. J.-C.), s’occupa longuement de la cataracte, qu'il appelle « suffusio ». C’est lui, qui, le premier, eut la notion de la maturité de la cataracte et en décrivit l'opération par abaissement. Pour GALIEN 31-201 ap. J.-C), la cataracte est l'écoulement d'une humeur. Les médecins des siècles suivants conservèrent les idées de Galien. C’est KÉPLER, en 1604, qui démontra que le cristallin n'était qu'une lentille, placée sur le trajet des rayons lumineux et destinée à les réfracter sur un organe autrement important, la rétine.

Quant à la cataracte de Morgagni, les anciens auteurs la connaissaient, mais la désignaient sous des noms différents. MAÎTRE JEAN, en 1707, décrit la cataracte branlante : « Le cristallin devient blanc, puis jaune, et alors, au moindre mouvement de l'œil, on le voit tremblotant et branlant, comme une girouette agitée d'un vent médiocre ». D’autres auteurs appellent la cataracte de Morgagni, cataracte flottante, cata-

racte natatile. Ces noms ne s’appliquaient pas tou-

jours à la cataracte de Morgagni; c’est ainsi que

certains auteurs appelaient cataractes branlantes, des cataractes compliquées de synchisis ou de ramollissement du corps vitré ; ceci se comprend, si l’on réfléchit que ces auteurs faisaient du changement de place du noyau cristallinien le principal signe de

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la cataracte de Morgagni. C'est en 1765 que Mor- GAGNI étudia et décrivit, d’après un examen cadavérique, la cataracte qui porte son nom.

SICHEL, dans son Traité de l’ophtalmie, la cataracte et l'amaurose, Paris 1837 ; le Docteur FuRNARI, dans son Traité pratique des maladies des yeux, 1841 ; le Docteur HŒRIXG, dans un Mémoire sur la nature et le siège des cataractes, mémoire inséré dans les Annales d’oculistique de 1842-1843, étudient la cataracte de Morgagni. Le Docteur DESMARRES, dans la 2° édition de son Traité des maladies des yeux, explique la formation de la cataracte à noyau flottant et la décrit.

MACKENSIE, dans la dernière édition de son traité, Paris 1856, traduit par MM. Testelin et Warlomont, décrit sous le nom de « cataracta fluido dura », la cataracte morgagnienne, dans sa période la plus avancée, et, suivant l’aspect qu'offre le liquide qui s'échappe lorsqu'on ouvre la capsule avec l'aiguille, l'appelle « cataracte laiteuse >» ou « puriforme ».

GALEzZOWSKI, dans son Traité des maladies des yeux, Paris 1872, décrit deux variétés de cataracte morgagnienne : l’une à noyau flottant, l’autre entierement liquide.

Puis, plus récemment, le Docteur Fucxs, le Professeur Panas, le Docteur AXENFELD et POULARD, étudient et décrivent la cataracte de Morgagni.

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