‹ La cathédrale de LyonChapitre 15 sur 20 · V. Chapelle des Saints-Denis et Austregesille · texte numérisé non relu

V. Chapelle des Saints-Denis et Austregesille

Fondée au xve siècle par le doyen Claude deGaste, elle contient la pierre tombale du chanoine comte Crémeaux de Pollionay, mort en 1689.

YI . Chapelle Notre-Dame et S aint-J eau-Baptiste . — Elle fut construite de fond en syme vers 1617 par le doyen Jean Meslet de la Besnerie.

VII. Chapelle des Fonts. — Lâ décoration de cette chapelle, élevée seulement en 1622 par l’archidiacre Antoine de Gilbertes, est entièrement moderne. La peinture du retable, le Baptême du Christ , est due au peintre lyonnais T. Tollet et le vitrail à l’auteur de cette notice. Il représente la Faute originelle, X Annonce de la Bédemption , le Baptême de Clovis et le Baptême d'un prince tartare lors du concile tenu dans la cathédrale de Lyon en 1274.

Au midi, en partant du chœur :

VIII. Notre-Dame du Haut-Don. — Elle est placée sous le vocable de la Croix, depuis la démolition de l’église Sainte-Croix, sous la Révolution. Comme celle du côté nord, cette chapelle est contemporaine du chœur.

IX. La Madeleine. — Dans le mur oriental du transept s’ouvre la porte de la sacristie du Chapitre, fermée par une très belle grille de fer forgé du xviii6 siècle. Immédiatement après le transept une porte et un petit porche, de l’extrême fin du xiie siècle, s’ouvrent sur la cour de l’archevêché. A la suite, la chapelle Saint-Raphaël, élevée en 1494, communiquait, au xviii6 siècle, avec la maison des Comtes de Lyon, par des ouvertures donnant dans le grand escalier.

XI. Chapelle du Saint-Sépulcre. — Elle fut fondée en i4oi par l’archevêque Philippe de Thurey et construite par Jacques de Beaujeu, le maître de l’œuvre qui acheva les dernières travées de la nef Elle comprend deux travées séparées par un arc doubleau et voûtées sur arcs d’ogive. Une grande baie élégamment ajourée l’éclairait au levant avant la construction de la chapelle Saint-Raphaël et, à côté de l’autel, une fort belle piscine couronnée d’un gable finement sculpté est engagée dans le mur. Au midi, une porte donnait accès dans l’ancien cloître et tout auprès, une belle arcade géminée avec retombée centrale passe pour être le tombeau de Philippe de Thurey. Ne serait-ce pas plutôt l’encadrement d’un ancien Saint-Sépulcre ? Dans le dallage on voit encore trois pierres tombales très bien conservées, dont les efügies représentent des membres du chapitre en costume de chœur, chape ou chasuble, mître et gants. Ce sont : le précenteur Guillaume de la Poype, 1287 bâton cantoral à la main; les trois d’Amanzé, 1461, i465, 1479 et une seule pierre pour les de l’Aubépin, de Grôlée et de Varax, également du xve siècle.

XII. Chapelle des Bourbons. — Cette chapelle^ justement célèbre, fut fondée en i486 par le cardinal Charles de Bourbon, archevêque de Lyon et achevée par son frère Pierre, duc de Bourbon et comte de Forez, dans les premières années du xvie siècle. Comme la précédente, elle comprend deux travées et s’ouvre sur le collatéral sud par deux hautes arcades, décorées, comme la voûte, de nervures et

DÉCORATION INTERIEURE DE l’ÉGLTSE 89

de pendentifs. A trois mètres au-dessus du sol

Chapelle des Bourbons

règne une galerie ménagée dans l’épaisseur de la

muraille. La décoration sculptée, dentelle de pierre ajourée etfouillée avec une prodigieuse délicatesse, est une des merveilles de l’art décoratifauxv® siècle. Elle rivalise avec celle de Brou pour la finesse, mais la laisse bien loin derrière elle pour la pureté de style. Aux gorges des piliers, aux formerets, à l’arc doubleau, profondément refouillés, se détachent sur le vide le monogramme du cardinal ainsi que son emblème, le dextrochère avec manipule, tenant un glaive flamboyant. Ailleurs, les chiffres de Charles, Pierre et Suzanne de Bourbon, d’Anne de France et la devise célèbre « N' espoir ne peur » mélangés à des grappes et des feuilles de vigne. Visà-vis l’autel, la balustrade de la galerie est ajourée comme une dentelle avec le nom du fondateur, Charles, inscrit en toutes lettres. Au côté méridional, le cerf ailé des Bourbons, enlacé du ceinturon et portant le mot : « Espérance » en lettres gothiques, occupe les ajours. A la corniche, au-dessous, rampent des vignes sauvages et des chardons (emblème de l’ordre de Notre-Dame de Bourbon).

Le cardinal avait voulu être enseveli dans sa chapelle; son tombeau, splendide mausolée de marbre blanc sur lequel il était représenté agenouillé et les mains jointes, a été détruit par les protestants, en même temps que de nombreuses statues qui garnissaient toutes les niches.

La chapelle est éclairée par une rose flamboyante et deux grandes baies dont les parties supérieures ont conservé leurs anciens vitraux.

Le chœur d'hiver du chapitre. — Après la cha-

pelle des Bourbons, une porte, surmontée d’un arc en plein cintre, fait communiquer les bas côtés avec le cloître du xve siècle en contre-bas de huit marches, et dont il reste encore cinq travées. Cette galerie sert de chœur d’hiver au chapitre. Au tympan intérieur de cette porte, abritée sous un petit porche et qui, primitivement, s’ouvrait sur le préau du cloître, un élégant bas-relief du xive siècle, polychromé et doré, mais en partie mutilé, représente la Vierge-Mère entre deux anges céroféraires.

L’horloge astronomique. — A l’entrée du bras de croix septentrional, on rencontre la célèbre horloge, si populaire à Lyon et universellement connue pour son mécanisme et ses figures automatiques. Dès le xive siècle, Saint-Jean possédait deux horloges, l’une à l’extérieur, l’autre à l’intérieur, la « petite horloge » qui fut saccagée par les protestants, puis restaurée en 1598 par un horloger lyonnais, Hugues Levet, et un bâlois, Nicolas Lippius. Au milieu du xvn®, l’instrument fut encore remanié par Guillaume Nourrisson et, à la fin du xvme siècle, l’horloger Charmy la mit dans l’état où nous la voyons aujourd’hui. Le soubassement de cet instrument compliqué montre, sur des cadrans, un calendrier perpétuel, indiquant les années, les mois, les jours, les fêtes ecclésiastiques, l’office du jour, etc. Le disque intérieur, recouvert d’une rosace ajourée, contient Y almanach ecclésiastique, embrassant une période de 66 ans. Au-

dessus, un astrolabe très compliqué présente les phases de la lune, la position du soleil à chaque époque de l'année, etc. Un cadran indique les heures. Un autre cadran ovale, sur la face droite, indique les minutes à l’aide d’une aiguille articulée qui suit exactement le bord extérieur du cadran, sans jamais le dépasser. Lorsque l’heure approche, le coq qui est au sommet de la tour chante trois fois et bat des ailes; aussitôt des anges jouent sur des clochettes l’hymne delà fête de saint Jean : « ut queciiit Iaxis » ; d’autres battent la mesure et renversent le sablier. L’ange Gabriel apparaît, ouvre la porte de la chambre de la Vierge et la salue. Marie se tourne vers lui, le Saint-Esprit descend sur elle sous la forme d’une colombe, et, au-dessus, Dieu le Père bénit par trois fois. Après quoi l’ange s’en va, le lambris se referme ; un suisse majestueux fait le tour de la galerie supérieure et, le carillon terminé, l’heure sonne.

La cathédrale en 1500. — C’est au commencement de la Renaissance qu’il faut se transporter par l’imagination pour se représenter la cathédrale longuement et patiemment élaborée pendant trois siècles et qui apparaît enfin dans toute sa radieuse jeunesse, telle que l’avaient obscurément pressentie les générations successives qui y travaillèrent. Cette période d’épanouissement correspond à la première moitié du xvie siècle. Essayons de revoir le noble édifice tel qu’il était avant la grande dévastation de i562, dans une atmosphère lyonnaise

Photo L. Bégule

L’horloge

toute pénétrée d’italianisme. C’était alors le temps des « pétrarquisants » lyonnais, subtils et mystiques; de Maurice Scève et de Louise Labbé, de l’Académie de l’Angélique; il y eut comme un épanouissement lyonnais éphémère qui marqua la période de splendeur de Saint-Jean.

Dans cette abside surbaissée, somptueusement décorée d’incrustations et dans cet admirable vaisseau, rayonnant de l’éclat de leurs verrières toutes achevées, se déroulait le cérémonial de l’antique liturgie, observée de temps immémorial par un chapitre dont les membres, qui portaient le titre de « Comtes de Lyon » et qui avaient compté parmi eux quatre rois de France, jouissaient des plus hautes prérogatives. Ils avaient eu notamment, pendant de longues années, le droit d’élire l’archevêque et, aussi, de porter la mitre pendant les offices qui étaient chantés avec une austère gravité, de mémoire et sans aucun accompagnement, par un clergé qui, sous Louis XIV, comptait deux cents membres. Le maître-autel, plus enfoncé dans l’abside qu’aujourd’hui, n’était qu’une table rase, ornée de parements d’étoffes plus ou moins riches selon l’importance des fêtes ; tout autour une balustrade de cuivre. De part et d’autre de l’autel, deux croix processionnelles avaient été fixées là, au xme siècle, en souvenir du concile général de 1274 où avait été prononcée la réunion des Eglises latine et grecque. L’autel n’avait pas de chandeliers : il était éclairé par trente-trois flambeaux

posés sur des candélabres de place en place dans le chœur.

Devant l’autel, particularité spéciale à l’église de Lyon, étaitle « râtelier » rastellarium, sorte de traverse en métal posée sur deux colonnes et supportant sept cierges qui rappelaientles sept chandeliers de la vision de saint Jean l’Evangéliste : seul l’archevêque, officiant dans les grandes solennités, pouvait passer sous ce candélabre.

Dans le chœur, à gauche, près de l’autel, se trouvait le célèbre tombeau du cardinal de Saluces, mort en 1419. Ce mausolée, œuvre de Jacques Morel et dont la description nous est révélée par le prix fait daté du 20 septembre 1420, était une des merveilles de la sculpture française du xve siècle. Tout en marbre, il était orné sur ses faces de dix-huit statues d’albâtre : six apôtres de chaque côté, au chevet un Dieu de Majesté ayant à ses côtés la Vierge présentant à son Fils le cardinal agenouillé : au pied, sainte Catherine entre saint Jean-Baptiste et saint Étienne A la tête du mausolée le cardinal était représenté à genoux sur un coussin, les mains jointes et appuyées sur un cartouche avec la devise : in sola Dei misericordia spero scilvari.

Le chœur, qui renfermait encore d’autres sculptures, était clos par un jubé d’une rare magnificence entre la sixième et la septième travée. Ce jubé passait pour l’un des plus riches de France et était décoré sur le pourtour, à l’intérieur comme à l’extérieur, de précieuses sculptures représentant des sujets de l’Ancien Testament. Pour sa

construction, des marbres précieux, des colonnes de jaspe et de porphyre avait été employés à profusion et un grand crucifix recouvert de lames d’argent surmontait la grande porte de sa façade, en travers de la nef. Les chapelles et les autels secondaires, adossés au jubé et à la plupart des piliers, avaient chacun leur vie propre, leurs desservants, leurs dotations et leurs cérémonies particulières. Les chapelles latérales ouvertes successivement dans les collatéraux, entre les contreforts, étaient enrichies de retables, de clôtures et de mausolées, vrais bijoux de pierre et de marbre, ciselés avec des délicatesses d’orfèvre.

Ajoutons l’effet produit à l’intérieur de la cathédrale par les verrières, alors au grand complet dans les fenêtres hautes et dans les chapelles, d’où la lumière descendait, polychromée et adoucie, sur la paix des tombeaux et l’on comprendra quelle pouvait être, aux jours des grandes fêtes, l’impression religieuse d’un pareil vaisseau, encore solennisé par le souvenir des scènes historiques qui s’y étaient déroulées. A l’extérieur, les trente-deux grandes statues en pied des ébrasements des trois portails et du bas de la façade, les innombrables figures d’anges, de prophètes et de saints, alors intactes, qui peuplaient les voussures, toute la faune des innombrables gargouilles animant cette façade couronnée parle Dieu de majesté étincelant de dorures au sommet du pignon.

Les tableaux. — La cathédrale possédait un cer-

tain nombre de toiles léguées par le cardinal Fesch et dont quelques-unes n’étaient pas sans valeur. Depuis la loi de séparation d’autres tableaux, provenant de l'Archevêché et du grand Séminaire sont venus en trop grand nombre chercher un refuge sous les voûtes de l’église, dont les lignes sévères n’avaient nul besoin de ce décor encombrant et hétéroclite. Parmi les principaux, on peut citer : Transept méridional : Mariage mystique de sainte Catherine , œuvre très remarquable de l’école de Rubens. — Descente du Saint-Esprit sur les apôtres, œuvre du milieu du xvme siècle, signée, Jean Restout. — Chapelle Saint-Raphaël : Flagellation de saint André. — Chapelle du Saint-Sépulcre : saint Vincent de Paul prêchant devant les dames de la cour de Louis XIII, par Meynier, xixe siècle. — Audessus de la porte du chœur d’hiver : Présentation au temple , école du xvme siècle. — Revers de la façade, au-dessus du portail méridional : V Adoration des Mages , très beau tableau de l’époque Louis XVIII. — Chapelle des fonts : Mort de Louis XIII. — Chapelle Saint-Jean Baptiste : Circoncision, signée, Claude Vignon. — Au-dessus de l’autel : La femme adultère , belle œuvre de l’école du Poussin. — Chapelle Saint-Austrégésille: Présentation , œuvre intéressante du xvme siècle. — Chapelle Saint-Michel : Baptême du Christ, par Picot. — Transept septentrional, en face de l’horloge astronomique : saint Jean a Pathmos , toile de Lagrenée, 1758.

Photo L. B.

Coffret byzantin : ivoire

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