livre des E
angiles, semble enfin une dérogation aux habitudes courantes du moyen âge Cependant, si l'œuvre était un pastiche du xix® siécle, le souvenir de son exécution se serait conservé à Reims où l'on professait en général pour elle une très confiante admiration et, si elle datait du xvin, elle serait
certainement bien inférieure encore : il n’y a, pour s'en convaincre, qu'à voir les morceaux médiocres et pâteux
qui datent de cette époque au portail occidental. Il faut sans doute plutôt y voir le produit d’une sorte d’acadé-
misme de la seconde moitié du xun° siècle, et cette perfection de formule habile et un peu banale qui paraît aussi au portail occidental dans certaines statues d’apôtres de la porte droite par exemple. Ce serait une œuvre postérieure à tout ce qui l'entoure et datant des environs de 1260 à 1280.
Les mutilations subies par la figure, en accusant la qualité de la pierre, nous ont confirmé dans cette opinion : c'est le même calcaire jaunâtre, abondant en coquilles, dont sont faites les grandes statues du portail, tandis que les statues archaïques, telles que les apôtres de la porte du Jugement ou les anges du chevet sont d’une pierre beaucoup plus blanche et sans coquilles. La statue, du reste, fait bien corps avec son support et avec les figurations placées au-dessous dont l'authenticité n'a jamais fait de doute.
La figure est décapilée et la draperie mutilée en plusieurs endroits (voir fig. 36).