LE TRANSEPT D
n'a pas été prévu, mais que cette partie de la cathédrale gothique, élevée avant la destruction du chœur roman, a été construite plus large que la nef, sans intention absolue. Dans la cathédrale de Tours, le chœur a également été construit plus large que la nef, mais le raccord a été fait sur la largeur de la croisée du transept, au lieu d'être fait sur la largeur du chœur comme au Mans.
Si les noms des artistes qui ont successivement contribué à l'érection de cette belle (ï'uvre du ch(inir gothique du Mans sont toujours restés inconnus, un nom peut toutefois être proposé avec quelque probabilité pour la construction de ce chœur, c'est celui de Thomas Toustain. Les registres du Chapitre nous ont conservé son nom avec sa qualité de cemeiilarius^ mais sans nous donner une date assez précise pour nous permettre de désigner quelle a été sa part de direction dans r(euvre générale. Il est probable qu'il fut un des derniers maîtres de l'œuvre, car le document qui nous donne son nom porte la date de i258, date postérieure de quatre années à celle de la consécration du chanir. Ce nom de Toustain a été très répandu dans le Cotentin au xiii*' siècle ; Thomas Toustain peut donc avoir contribué à la partie de l'œHivre de l'école normande dans le choeur de la cathédrale du ^lans.
Le transept. — - Ainsi que nous l'avons déjà dit, en parlant du chaair, le plan du transept, tel que nous le voyons aujourd'hui, a conservé les proportions du
transept de la cathédrale romane ; la preuve nous en est fournie par les bases des murs et des tours dans lesquelles on reconnaît en de nombreux points l'appareil de la construction romane, sous les constructions élevées successivement depuis la fin du xiii^ siècle jusqu'à la moitié du xv^ siècle. Sur la pile sud-est de la croisée, à l'intérieur du déambulatoire, on peut encore lire la date de ii45 gravée près des moulures de la base.
Parmi ces traces des constructions de l'époque romane, on peut aussi remarquer les bases des quatre piles de la croisée, qui sont beaucoup plus élevées que le sol actuel du transept. Cette surélévation avait dû être motivée par l'existence d'une crypte en cette partie de la cathédrale, et dans ce temps, le chœur devait ainsi être prolongé jusqu'à l'entrée de la nef, comme on le peut voir encore dans la cathédrale de Goutances.
L'existence de cette crypte est mentionnée dans les Actus comme existant sous l'évêque Arnauld (io65-io8i) ; a cette époque elle renfermait le corps de saint Julien.
La construction du nouveau transept a duré fort longtemps et a été interrompue plusieurs fois. Le croisillon méridional a été le premier agrandi après l'élévation du chœur; les travaux de transformation de l'ancien transept roman n'ont porté que sur la partie supérieure ainsi que le prouve le prolongement des colonnes du xii*" siècle par des colonnettes du xiv% surélevées au-dessus des chapiteaux anciens, tout en conservant les moulures