‹ La cathédrale Notre-Dame de LaonChapitre 53 sur 72 · II. Le Chevet · texte numérisé non relu

II. Le Chevet

r. Le chœur se termine, avons-nous dit plusieurs fois, par un mur plat percé de trois grandes lancettes, encadrées par des arcades, dont les archivoltes fortement moulurées retombent sur des faisceaux de colonnettes faisant office de contreforts. Ces arcades sont assez profondes pour qu'on ait pu, au Moyen âge, installer de petits autels entre leurs pieds-droits, et elles forment sur le mur du fond une saillie qui a permis d'établir au-dessus d'elles un passage mettant en communication les deux galeries ou tribunes latérales.

Au-dessus des trois lancettes s'épanouit une grande et belle rose semblable à celle de la façade occidentale,

2. Les antiques vitraux^ dont le Moyen âge avait orné ces ouvertures, ont été conservés à peu près intacts malgré certaines restaurations et divers accidents dont ils furent victimes, notamment en l'année 1870, comme nous l'avons vu plus haut dans l'aperçu historique qui précède cette description (page 55).

Composition des plus remarquables et pouvant soutenir la comparaison avec les spécimens les plus vantés de la peinture sur verre au XIIP siècle, (tes vitraux forment quatre immenses tableaux consacrés à la

gloire de la Très Sainte Vierge^ titulaire de la cathédrale. Étudions d'abord les lancettes.

A. — Les lancettes.

Elles se composent d'une série de médaillons placés deux par deux et présentant une suite de sujets qui se succèdent de bas en haut.

« Chacune de ces trois verrières, dit M. de Florival dans la magistrale étude quMl leur a consacrée (i), a neuf mètres neuf centimètres de hauteur sur un mètre quatre-vingt-dix centimètres de largeur.... Les voussures qui les enserrent, forment de larges ombres qui entourent et tempèrent leurs brillantes couleurs et sont comme le cadre de ces tableaux qui, à certaines heures, ont l'éclat, le chatoiement des pierres précieuses. »

Les couleurs dominantes sont le bleu et le rouge. « Chaque panneau a soixante-sept centimètres de hauteur sur soixante-cinq centimètres de largeur. La bordure, large de vingt et un centimètres, est composée d'une double ligne blanche et bleu et, dans le milieu, d'un décor feuillage bleu, rouge, vert, jaune et blanc, dont le tracé aux gracieux contours le dispute à la finesse et à la richesse du coloris. Les intervalles des médaillons sont remplis par des ornements trèfles circonscrits dans des rosaces quadrilobées ».

t Le rayonnement de ces vitraux, l'harmonie et le prestige des couleurs ne sauraient guère être sur-

(i) A. DE Florival et E. Midoux, Les Vitraux de la cathédrale de Laon. 2" fascicule, pag. 7 et 8.

passés ; c'est bien là une des belles œuvres de ce Xin* siècle où l'art hiératique a, dans tous les genres, atteint son apogée. »

Quand au dessin, ajouterai-je avec M. deFlorival, • bien que déjà plus assuré qu'au siècle précédent, il présente encore des incorrections ; il n'offre habituellement que de simples traits et, en dehors du plomb, il n'y a, pour donner un peu de relief aux figures, que des hachures en général peu accusées. Le peintre verrier se préoccupant de l'effet de sa composition à une grande distance, a, plus d'une fois, sacrifié les détails à l'ensemble, la forme au fond, s' attachant surtout à produire l'harmonie des couleurs » (i).

Voici, en quelques Ugnes, les sujets représentés sur les vitraux.

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