Deux anges enlèvent au ciel F âme de saint Rémi
Tous ces sujets ont été traités d'une manière qui révèle chez leur auteur (i) une exacte connaissance de la peinture sur verre au Moyen âge, et ce vitrail, quoique moderne, offre aussi parfaitement que possible les caractères du XIII* siècle.
Un nouvel autel a été érigé dans cette chapelle pendant l'année 1888 ; il se compose d'une table, d'un gradin et d'un petit tabernacle en pierre blanche, le tout appuyé en arrière sur deux pieds-droits, en avant sur des colonnettes.
2. A droite de cette chapelle, sous la grande lancette de gauche du chevet, se trouve une petite porte donnant sur la cour du palais de justice (ancien palais
(i) M. Steinhel, peintre verrier à Paris.
épiscopal) ; c'est par là que Tévêque entrait dans la cathédrale, lorsqu'il le faisait sans solennité.
Sous la lancette du milieu on remarque quelques traces de peinture et, il y a quelques années, on pouvait voir encore des restes du tombeau de l'autel élevé dans cet étroit espace.
Sous la lancette de droite, se trouve une sculpture du XIV* ou du commencement du XV* siècle, remarquable non-seulement par sa conservation, mais encore par l'expression des figures, le naturel et l'aisance de la pose. Elle représente Noire Seigneur en croix ayant à ses côtés, non « les deux Maries », comme dit Melleville (i)^ mais la sainte Vierge et saint Jean. C'est l'antique crucifix de l'autel érigé jadis en cet endroit. La peinture et la dorure, appliquées sur les vêtements des personnages, ont encore beaucoup d'éclat.
3 . La dernière chapelle du chevet occupe renfoncement qui termine le bas-côté méridional du chœur ; elle est dédiée au Sacré-Cœur de Jésus. La fenêtre est ornée d'une verrière posée au moment de l'érection de Tautel en 1888 (2).
Cette verrière se compose de médaillons circulaires et de demi-médaillons. Une inscription occupe le bas du tableau ; les paroles en ont été empruntées au XP chapitre de l'Évangile selon saint Mathieu ; elles
(1) Hisi. de Laon, tom. I, pag. 122. Saint Jean est très reconnaissable à son visage imberbe, à ses pieds nus et au livre des Évangiles qu*il tient de la main gauch-j.
(2) Ce vitrail est, comme celui de saint Rémi (page 254), l'œuvre de M. Steinhel^ de Paris.
disent la bonté et la tendresse du Cœur de Jésus : « Fenite ad me omnes qui laboratis et onerati estis et ego reficiam vos, — Venez à moi, vous tous qui êtes fluigués et qui êtes chargés et je vous soulagerai » (r). De chaque côté d'autres inscriptions font connaître, Tune les initiales de la donatrice : « Offert far M™*" A. L. » (2) ; Tautre, la date de la donation :
« MDCCCLXXXVIII (1888). »
1. Au-dessus de ces inscriptions, la première scène qui occupe, comme toutes les suivantes, le médaillon central et les demi-médaillons placés à droite et à gauche, représente Notre Seigneur Jésus-Christ entouré de six apôtres et leur adressant ces paroles, écrites sur une banderole déployée au-dessus de sa tête : « Discite à me quia mitis sum et humilis corde. — Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (3).
2. Plus haut, c'est la dernière Cène, pendant laquelle Notre Seigneur institue le sacrement de TEucharistie.
3. Vient ensuite le Crucifiement du Sauveur. Un soldat lui présente une éponge pleine de vinaigre, un autre, armé d'une lance, lui perce le cœur. A droite et à gauche, la sainte Vierge et saint Jean debout.
4. La quatrième scène est V Apparition de Jésus- Christ ressuscité à r apôtre saint Thomas,
Le demi-médaillon du haut représente deux anges les mains jointes.
(2) Mr* A. Lcmaître, épouse défunte de M. Lemaître, alors président du Conseil de Fabrique de la cathédrale.
(0 S. Mat,, XI, 29.