‹ La cathédrale Notre-Dame de LaonChapitre 64 sur 72 · IV. Pierres tombales du pourtour du chœur · texte numérisé non relu

IV. Pierres tombales du pourtour du chœur

On voit encore dans le pourtour du chœur un bon nombre de pierres tombales, mais quelques-unes seulement ont conservé intactes leurs inscriptions.

1. Antoine Le Voirier. Pierre blanche, i^'SS X ©""Si. Aucun ornement. Inscription sur lignes horizontales : « Hic jacet magister Antonius Le Voirier

hujusce insignis Ecclesia Landunensis canonicus, qui obiii (tnno Domini i6}0, die vero mensis ociobris nonâ » Suivent trois lignes dont ou ne distingue plus que les quelques mots suivants : « ... converten .... requiem tuam .... bénéficia » .

2. Mahieux. Schiste ardoisier, 2" 38 x i" 20. Sous un portique Renaissance se trouve un chanoine en vêtements sacerdotaux. Sur l'arcade de ce portique on lit cette invocation : « Domine propitius esta michi peccatori ». L'inscription est en bordure: w Cy qist vénérable et discret fe personne w* ... Mahieux ? prebtre et chanoine de céans ^ natif d^ . , . , trespassa le vint et troisiésme jour du mois daoust, lan mil V^ soixante et un:(e. Priés Dieu pour son ânle ».

3. Nicolas Monseignat, Pierre du pays, 1^52 x o™ 83 à la partie supérieure. Inscription sur lignes droites : D. O. M. Hic jacet magister Nicolaus Monseignaty presbiter, baccalaureus iheologus^ hnjus insignis ecclesia canonicus, illustrissimi Domini D, Casaris DestréeSy episcopi ac ducis Laudunensis à consiliis et secretis, qui obiit die décima octobris anno Domini i66j. Rcquiescat in pace ». Au-dessous de cette inscription on voit une tête de mort et deux mains jointes.

4. Jean Lefèvre. Pierre du pays, 0™ 91 x 0^84. Au milieu deux mains jointes tiennent une banderole sur laquelle sont inscrits ces trois mots : « Parce michi Domine ». Aux quatre angles de cette pierre se trouvent les figures symboliques des évangélistes, l'aigle, r homme ailé, le bœuf et le lion. L'inscription est en bordure : « Hic jacet venerabilis vir magister fohannes

Faber^ canonicus LaudunensiSy oriundus de Farra, qui obiitanno //..**, 2j januarii ».

5. Louis y Jacques et Antoine Varlet. Pierre du pa5's, 1^90 X i™22. La partie supérieure de cette dalle est occupée par une tête de mort placée sur des tibias croisés ; de chaque côté de cette tête de mort se trouvent d'autres ossements recourbés et croisés et des larmes. L'inscription est sur lignes horizontales : « Magisier Ludovicus Varlet presbiter, hujus ecclesia canonicus animant Salvatori reddidit die l'jà mensis augustiy anno Domini 1717^ atatis sua 72^ qui ab avunculo et fratribus canonicis^ ut in vitd ita et in morte non est separatus. Optimis avunculis et carissimo jratri Jacobo Varlet hic adjacet Af. Antonius Varlet presbyter hujus ecclesia canonicus, vir eximid in Deum pietate et effusissimâ in pauperes largitate cofnmendabilis. Obiit die 3** augustiy anni iy48 ». Au-dessous de cette inscription on lit sur un large cartouche cette humble requête d'outre-tombe : « Siste, viator et die : Piejesu^ dona eis requiem. Amen ».

6. Près de la pierre tombale des chanoines Varlet^ il s'en trouve une autre de 2^70 X i™42, en pierre du pays et très richement décorée. Malheureusement toute la partie supérieure de cette dalle a été effacée et avec elle le nom même du défunt. Toutefois il m'a paru intéressant de signaler ici les quelques détails suivants. Le chanoine somptueusement habillé est représenté sous une arcade soutenue de chaque côté par des cariatides. Sous ses pieds on voit son squelette enveloppé d'un linceul et couché. De la

bouche de ce squelette s'échappe une banderole por-

tant cette inscription : « Ntque deseres animam nteam npud sepulchrum. Psal. XV ï>. De chaque côté, sur la base des cariatides, on lit les citations suivantes : à droite : « ET^echielis, Ossa arida, audite verbutn Domini : En ego miltam in vos spiritum et vivetis^ sic dicit Dominus Deus » (i) ; à gauche : « Eue ego aperiam sepulchra vestra et ediicam vos de sepulchris vestris et dabo spiritum meum in vos et vivetis » (2). De l'inscription qui entourait la pierre, il ne reste que ces quelques mots : « .... doyen au diocèse deMeaux^ en son vivant chanoine et chantre de léglise de céans, en laquelle a fondé une chaf^lle de S. Onophre, S, Maur et autres,., la feste de S. Joseph à perpétuité,,, » Enfin sous le squelette et tout près de l'inscription on découvre l'adresse du tombier : « Faict à Paris près la porte S, Michel par Mathieu Lemoine tombier IS + 7 (1547?)».

7. Gilles Joly. Schiste ardoisier. Pierre à sommet triangulaire, i"'26 X i"*. A la partie supérieure se trouve une tête de mort placée dans un encadrement formé d'ossements et de torches ; plus bas deux mains jointes tiennent un volumen sur lequel on lit ces paroles : « Scitote quia nullus speravit in Domino et confusus est ». Un manipule attaché au bras gauche rappelle que le détunt était sous-diacre. L'inscription est en bordure : < Cy gist vénérable et discrète personne maistre Gilles Joly, chanoine de Viglise de Laon, lequel trespassa le 28^ jour du mois de may 1641. Trie^^ Dieu pour son âme. »

(i) Éièchiel, XXXVn, 4, 5.

(2) id. id. 12) 13, 14.

8. Jehan Gobelet. Schiste ardoisier, 2^64 X i"'49. L'effigie est en partie effacée ; elle représentait le défunt en vêtements sacerdotaux, abrité sous un édicule Renaissance.

L'inscription en bordure est ainsi conçue : .x Cy gist vénérable et discrète personne m^ Jehan Gobelet, preblre^ chanoine et chantre de V église de céanSy licensié en droict canon, qui trespassa le pénultiesme jour de décembre M P LXXV (1575). Trie:^ Dieu pour son âme » .

LE MOBILIER ou TRÉSOR.

La cathédrale possédait jadis un très riche trésor. On y voyait des merveilles de ciselure, des chefsd'œuvre d'orfèvrerie et de broderie, des statues d'or et d'argent, 'des châsses, des reliquaires, des vases sacrés ornés de pierreries et d'émaux, des vêtements sacerdotaux d'une incomparable richesse, des tenturts, des tapisserie, etc., etc. (i). Tout a disparu à la Révolution, sauf une partie des reliques, quelques tapisseries, et des ornements sacerdotaux en petit nombre. Ces divers objets, échappés à la destruction, forment avec ceux qui ont été acquis depuis vingt ans, le trésor actuel, dont il convient dédire ici quelques mots.

Ce trésor se compose de reliquaires, de vases sacrés, de vêtements sacerdotaux et de tapisseries.

(i) Inventaire du trésor de la cathédrale de Laon en t$2)j publié par Fleury, Didron, 1855.

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