‹ La cathédrale; pièce en quatre actesChapitre 24 sur 95 · ACTE I, SCENE VHI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VHI

comprendre ce que je ressens là 1 (]e mal sombre et profond qui me ronge. Ah ! je croyais, j'ai cru qu'en revenant à Chartres, j'éteindrais les dernières révoltes. Mais non ! La passion me reprend, la flamme se rallume. La haine n'est pas morte et mon âme est en feu ! Car ces tours c'était moi qui devais les bâtir î C'était moi, Abélard !...

ABÉLARD

On les termine, vois ; et c'est lui qui triomphe...

HUGON

Mes plans étaient parfaits.

ABÉLARD

Sublimes, et en tous points supérieurs à ceux-ci.

HUGON

Et j'aurais dû les dresser là ; c'était ma vie, ma gloire ! (il entre da?is un état violent) Oh ! mes sens se troublent, mon cerveau bout ! Adieu ! Fuyons, Abélard. ou j'irai jusqu'au crime !

ABÉLARD

Restez... Je vous comprends... voir un rival.

5o LA CATHKDRALE

HUGON (éclatant)

Tais-toi, tais-toi, tais-toi ! Abélard, tais-toi.

ABELARD

Du calme. .Te puis vous secourir.

HUGON

Tais-toi !

ABÉLARD

Non. Il faut que je parle et sauve votre honneur. (à part) Mon plan est arrêté.

HUGON

Trop tard !

ABÉLARD

Vos parchemins?...

HUGON

Mes croquis ? Je les ai !

C'est bien. Pas un instant à perdre ; écoutez,

Page 1