ACTE II, SCÈNE I 6l
ABÉLARD (à part) Laissons-le se troubler ; il en sera plus souple.
HUGON
Je travaillais ici {étonne). Mais la place est encore occupée ! {il examine les papiers) Dieu ! C'est Réginald, c'est mon tils qui l'a prise.
Sensiblerie, Hugon !
HUGON
{ArrHvé contre le panneau de gauche, entr' ouvrant la porte) Oh !.... la chambre la chambre !
(// )' entre un instant).
ABÉLARD {allant à l'armoire)
C'est l'instant d'agir. La porte est close Tant
pis. {Tirant un pli de sa tunique). Ceci est l'essentiel. Tu ne résisteras pas, jeune homme; ce rendezvous c'est ta perte {le posant à la place de Réidnald). Voilà, jeune seigneur ; tu répondras tantôt. {A luimême). xMon triomphe est d'autant plus éclatant si le fils par le père est perdu.
HUGON
{Sur le seuil de la porte, troublé) Abélard !.... de revoir cette chambre où je suis né, où Réginald est né, où ma mère trépassa
ABÉLARD
Allons, allons, sois homme !
HUGON
C'est là qu'une heure avant sa mort, j'ai juré. {il pleure).
Pleures comme une femme ! Allons !
HUGON
{Comme hypnotise^ Elle est là ! Elle est là ! Je vois ses yeux dans la pénombre ; râlante, elle trace sur mon front une petite croix ; tendant la main à mon frère par dessus ses cheveux blanchis, je jure d'oubher, de pardonner l'humiliation, d'obéir à Geoffroy, de bâtir avec lui !.... {il entre dans un état violent) Oh ! Dieu, je suis maudit, maudit par elle, mauc'it par tous !....