ACTE m, SCENE VII I
RÉGINALD {ti'ansfiguj'é de joie)
Absous !... O joie ! Debout, mon père. (// se précipite vers Hugon et F embrasse.)
HUGON
Réginald, Réginald !
RÉGINALD
Dieu a jeté ses voiles.
HUGON
Je suis trois fois maudit...
RÉGINALD
Vous êtes à présent la grande joie du ciel.
Un lépreux couvert d'un crime immonde.
RÉGINALD
Vous êtes pur et nouveau comme au jour du baptême. Bénissez Dieu, mon père^ de vous avoir donné le repentir.
HUGON
Si tu savais !... Ah ! sous cette glorieuse tunique, ce n'est pas ta gloire, mais mon orgueil, ô Christ, qui brûlait ! Mon orgueil ! La haine de Geoffroy, de son œuvre, a nourri ma révolte ; jusqu'au jour où Satan, rôdant ici, m'a jeté dans le crime.
RÉGINALD
Hélas !
HUGON
Abélard a surgi, fatal et diabolique. Lui aussi haïssait les travaux. Nous avons comploté le sacrilège, nous l'avons perpétré ! Les flammes s'élevaient à peine, le bras de Dieu frappa ! A mes côtés, Abélard foudroyé, s'écroula dans son crime. Le même éclair m'ouvrit les yeux ; et pour la première fois, j'ai vu.
RÉGINALD
Oui, Dieu vous attendait là aux confins des ténèbres. Il rallumera la mèche qui fume encore.
HUGON {l'cntrainant)
Viens vite que tout le monde sache et que tu sois vengé.