SCENE I UBALD, LE TROUVÈRE
UBALD {faisant les cent pas)
... Et puis, c'est bien la peine de tant tergiverser ! . . . Brrr ! Cette brise matinale vous pénètre les os. J'en frissonne [dans la coulisse). Hohé ! vous autres ! Que vous en semble, si l'on rentrait ? (Un temps : celui qu'il faut aux ouvriers pour répondre) Oui, oui, rester! Encore attendre!... C'est très bien, mais moi, j'ai froid, j'ai faim, je m'impatiente ici !
LE TROUVÈRE (entrant)
Ah ! tu as froid, Ubald. Casse la croûte avec moi, et que ça te réchauffe !
UBALD
Manger ? Non, mille grâces !
LE TROUVÈRE
Tiens, bois un coup de cidre.
UBALD
Merci. Je recevrai l'Hostie à la messe d'aurore. Brrr ! je grelotte.
LE TROUVÈRE
Grelotter en juin ! De quel pays es-tu ?
Je suis venu du Rhin avec la corporation d'Abélard, jadis.
LE TROUVÈRE 11 n'a pas eu beau sort, ton maître.