‹ La cathédrale; pièce en quatre actesChapitre 88 sur 95 · ACTE IV, SCÈNE VIII iSg · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIII iSg

HILAIRE

Réginald.... Il faut que tu sois fort.... L'heure n'est plus aux stériles mensonges.

RÉGINALD

Dis.

HILAIRE

Tu dois l'attendre à tout, mon pauvre Réginald ; et c'est moi, moi, ton frère, qui viens t'apporter le message fatal. Oh ! c'est atroce ! Devoir te dire

RÉGINALD

Hilaire, si tu savais ma joie !

HILAIRE

Tu vois mon désespoir. Mais je reste avec toi

Je ne te quitte plus... nous mourrons ensemble; je le leur ai juré ; ta cause était la mienne.

RÉGINALD

A deux nous serons forts. Calme-toi, pauvre frère. Dieu m'a récompensé.

l6o LA CATHiDRALK

HILAIRE

Il ne peut pas permettre un tel aveuglement ! Il n'y aurait donc plus de justice suprême et l'homme serait livré à l'homme.

REGINALD

L'heure de l'homme est si brève !

HILAIRE

Les vingt juges étaient là. Je m'élançai devant l'évêque. «Quoi, Seigneur, m'écriai-je, comment se pourrait-il? Réginald accusé! N'est-il donc pas écrit dans nos livres sacrés que Dieu n'abandonne point le serviteur Hdèle ? Que le pécheur luimême descend pas à pas et non d'un seul coup dans l'abîme ! Réginald, le pieux, Réginald le pur, comment donc serait-il descendu d'un seul coup aux profondeurs du mal ? Non, Seigneur, ce n'est pas possible... ! » D'un geste las, l'évêque m'interrompit. Je voulus reprendre la parole ; mais on m'en empêcha ; impitoyables, le;* portes se sont closes. « Il est trop tard », murmurait-on, le verdict est déjà prononcé. Les preuves étaient trop fortes.

Page 1